Grand Paris circulaire : des acteurs engagés pour un modèle économique plus résilient

Publié le 17/10/2019 - mis à jour le 17/10/2019 à 11H37

La 3e édition du Grand Paris circulaire s’est tenue le 3 octobre 2019 à la Maison des Océans, à Paris. Organisée par la Métropole du Grand Paris, ce rendez-vous annuel rassemble les entreprises, collectivités, institutions et associations autour d’un objectif, celui de partager les bonnes pratiques de l’économie circulaire.

Table-ronde au Grand Paris Circulaire ©Raphaëlle Sochon

 

Au programme de la 3e édition du Grand Paris circulaire, divers acteurs de l’économie circulaire sont intervenus pour présenter les enjeux actuels dans ce domaine et les solutions qui se développent : collectivités, entreprises, associations, chercheurs, et acteurs institutionnels. L’événement, organisé par la Métropole du Grand Paris (MGP), montre que le sujet touche tous les secteurs de l’économie : BTP, alimentaire, informatique, immobilier, etc. L’objectif est de partager les connaissances et renforcer les synergies entre l’ensemble des parties prenantes.

Les enjeux de ce nouveau modèle économique sont avant tout de préserver les ressources naturelles, limiter les déchets et la consommation d’énergie. « Comme disait Lavoisier, rien ne se créé, rien ne se perd, tout se transforme. C’est ça l’économie circulaire ! », déclare Patrick Ollier, président de la MGP. Il donne l’exemple de la Ressourcerie, dans sa commune, Rueil-Malmaison, qui donne une seconde vie aux objets et agit pour le réemploi. La journée était donc l’occasion de découvrir ce qui se fait sur le territoire. D’après, François-Michel Lambert, député et président de l’Institut national de l’économie circulaire, « il existe 4 leviers : la fiscalité en chargeant les mauvais usages et en récompensant les bons, la réglementation en interdisant certaines pratiques, la capacité à impulser des transformations et le changement de comportements qui doit être accepté par la population ».

 

Une nouvelle loi très attendue

Marta de Cidrac – Grand Paris Circulaire ©Raphaëlle Sochon

La sénatrice des Yvelines, Marta de Cidrac, rapporteure du projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, a introduit les mesures du texte déposé au Sénat et voté à la quasi-unanimité, le 30 septembre dernier. Le projet de loi a pour ambition de mettre fin au gaspillage, en contrôlant les invendus alimentaires par exemple. Il inclut également de mobiliser davantage les industriels et les entreprises de BTP dans la gestion de leurs déchets. Plusieurs mesures s’inscrivent aussi dans la prévention auprès du consommateur et la lutte contre les dépôts sauvages. Cependant, le Sénat n’a pas validé la mesure phare du projet sur la consigne de recyclage voulue par le gouvernement car « elle est trop floue et cela pourrait entraîner une augmentation de la fabrication de plastique », explique Marta de Cidrac. D’après Xavier Lemoine, « le travail du législateur est d’inciter les producteurs, c’est pourquoi la MGP souhaite coordonner ses actions avec celles du gouvernement ».

 

Opérer le changement

Au cours de la journée, la Métropole du Grand Paris a présenté comment elle avait intégré l’économie circulaire dans ses actions, pour le Schéma métropolitain d’aménagement numérique, la logistique urbaine, la rénovation énergétique des logements mais aussi pour l’aménagement de la zone Saulnier et le Centre Aquatique Olympique. Lancée en 2018, la plate-forme collaborative grandpariscirculaire.org permet de former un réseau de membres actifs qui partagent leurs initiatives. « Il existe un mouvement dynamique mais la pédagogie est à faire autant auprès des élus que des citoyens. Nous attendons de définir des actions que l’on pourra financer », précise Patrick Ollier.

Enfin, l’institution a mis en place plusieurs partenariats afin de favoriser la coopération entre tous les acteurs. Avec l’Institut national de l’économie solidaire, ils ont par exemple formé un réseau métropolitain de l’économie circulaire, le « G142 », qui a l’ambition de réunir un référent pour chacune des 131 communes afin de développer une culture et des actions communes. « Cela se construit au fur et à mesure pour mettre en place une politique commune », explique Patrick Ollier. Avec l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux, la MGP travaille au sein d’une chaire de recherche internationale « économie circulaire et métabolisme urbain », en partenariat avec Montréal et Bruxelles. Cette notion de métabolisme urbain est apparue pour désigner le cycle de l »ensemble des flux de matières et d’énergies dans une zone urbaine. D’autres travaux sont actuellement en cours, comme le programme « Achat et économie circulaire » ou l’étude de métabolisme urbain de la métropole, afin de faire émerger les meilleures initiatives et de transformer le développement économique métropolitain.

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