L’Homme, roi des animaux ?

Publié le 17/12/2020 - mis à jour le 21/12/2020 à 9H08

L’Homme, roi des animaux ? La question n’est pas nouvelle.

Posée depuis qu’Homo sapiens et ses prédécesseurs cohabitent avec cette multitude d’êtres vivants issus de la création, elle en suscite d’autres. Quel choix s’offre à ce monarque à l’abri de toute procédure de destitution ? Revêtir les habits du tyran, au mieux indifférent, sinon impitoyable, voire sanguinaire ? Ou régner en despote éclairé soucieux du bien-être de ses sujets ? Et muni de quels moyens au service de cet ambitieux programme ?

Si, de l’Antiquité au siècle des Lumières, le sort des animaux a pu susciter l’intérêt bienveillant de certains philosophes, il faut attendre le XXe siècle pour que, dans les sociétés occidentales, l’opinion brandisse la bannière de la cause animale et pour que législateurs et juges s’emploient à compléter et améliorer un arsenal juridique souvent insuffisant ou dépassé.

La condition animale est au moins autant affaire de culture nationale que de droit. Et sur ces terrains, dans le match France/Royaume-Uni, l’avantage serait plutôt Outre-Manche : dès 1824, y est fondé le premier organisme de protection des animaux au monde ; et dès 1835, y est votée la première loi contre la cruauté envers les animaux. Quant à la France, elle serait leader en Europe dans l’abandon des animaux, lesquels attendront jusqu’en 2015 avant que la qualité d’« êtres vivants doués de sensibilité » leur soit conférée par la loi…

Fortes de l’expérience de plusieurs partenariats féconds, l’Association des juristes franco-britanniques et la Société de législation comparée ont entrepris d’inviter un panel de spécialistes français et britanniques de divers horizons (juristes praticiens, universitaires, magistrats, scientifiques, vétérinaires, experts d’organismes internationaux) à approfondir cette comparaison, en portant un regard croisé d’une part sur l’appréhension par la loi et la justice de la condition animale, de l’autre sur les avancées de la science et leur impact sur la compréhension et la protection du monde animal.

Référence : LPA 17 Déc. 2020, n° 158j8, p.2

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