La Collection Alana

Publié le 05/11/2019

Musée Jacquemart-André

La collection Alana est l’une des plus prestigieuses et secrètes collections privées de la peinture de la Renaissance italienne dans le monde. Le musée Jacquemart-André la fait aujourd’hui connaître et côtoyer avec sa propre collection d’art italien, constituée par Nélie Jacquemart et Édouard André, qui avaient un goût passionné pour l’Italie.

Cette collection a été rassemblée par l’homme d’affaires chilien, Alvaro Saieh, et son épouse Ana Guzman, et elle est bien connue des spécialistes pour les chefs-d’œuvre des maîtres italiens qu’elle rassemble : Lorenzo Monaco, Fra Angelico, Paolo Uccello, Lippi, Carpaccio, Le Tintoret, Véronèse, Bronzino ou Gentileschi. Le couple de collectionneurs possède environ 120 tableaux italiens, des peintures modernes et chiliennes. L’ensemble est conservé dans leurs différentes propriétés aux États-Unis, à Londres, au Chili. Ces lieux sont en quelque sorte des musées privés que de rares personnes connaissent. Pour la présente exposition, ils ont fait preuve d’une certaine générosité en prêtant pour plusieurs mois la moitié de leurs trésors.

Les salles de l’exposition suivent la chronologie de l’histoire de la peinture, montrant ainsi l’évolution de la représentation des scènes religieuses que les peintres ont choisi de peindre, avec des espaces thématiques. La période gothique, du XIIIe et XIVe siècle, qui est le noyau de la collection, ouvre l’exposition. Elle est représentée par Ambrogio Lorenzetti, Bernardo Daddi, Francesco Traini, Guariento di Arpo (La Crucifixion avec quatre saints), Niccolo di Pietro Gerini, Nardo di Cione (L’Annonciation). Puis nous avons la période de la Renaissance, avec les figures emblématiques de la peinture toscane, comme Fra Angelico, Paolo Uccello, Fra Bartolomeo ou Domenico Ghirlandaio. Le Quattrocento est la période la mieux représentée dans la collection Alana.

En poursuivant notre visite, nous arrivons dans une salle dédiée à la peinture vénitienne, avec Antonio Vivarini (Saint Pierre martyr chassant le diable déguisé en Vierge à l’Enfant), Vittore Carpaccio (Pietá avec deux anges), Jacopo Bassano, Véronèse (Les Symboles des quatre évangélistes), Tintoret et Giovanni Girolamo Savoldo, qui était originaire de Lombardie. Le parcours se poursuit avec le maniérisme, avec des œuvres de Pontormo et de Giorgio Vasari. La dernière salle nous propose une sélection de la peinture du XVIIe siècle, dans la continuité de Caravage et ceux qui furent en rupture avec le maître du baroque et du clair-obscur. Y sont accrochés des tableaux d’Annibale Carracci, Bartolomeo Manfredi et Orazio Gentileschi, qui réalisa une Annonciation très étonnante aux couleurs vives.

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Référence : LPA 05 Nov. 2019, n° 149a6, p.15

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