Les commissaires aux comptes s’emparent de l’intelligence artificielle pour transformer l’audit

Publié le 22/10/2019 - mis à jour le 22/10/2019 à 11H53

Avec l’innovation numérique, de nouveaux modes de travail se développent tandis que des services s’automatisent, le secteur de l’audit est en plein bouleversement. C’est pourquoi la Compagnie régionale des commissaires aux comptes de Paris a proposé une matinée d’information sur « L’audit du futur : comment les nouvelles technologies vont bouleverser l’audit contractuel et légal ? », le 8 octobre, à Paris.

La matinale « Audit du futur » de la CRCC ©Raphaëlle Sochon

 

Au sein des cabinets de commissaires aux comptes et d’experts-comptables, les nouvelles technologies ont conduit à une transformation des activités traditionnelles et au développement de nouvelles compétences. D’après Romain Badé, commissaire aux comptes et fondateur d’Intelligent Audit, « aujourd’hui, 50 % des tâches d’audit peuvent être automatisées ». Comment les professionnels envisagent alors le futur de leur métier ? Quels sont les avantages et les risques de ces nouvelles technologies ? La Compagnie régionales des commissaires aux comptes (CRCC) de Paris s’empare du sujet afin de définir les solutions qui vont enrichir leurs activités à l’avenir. Elle a donc invité plusieurs experts à intervenir sur le futur de l’audit, lors d’une matinale, le 8 octobre dernier.

 

Un audit en continu plus efficace

Pour les commissaires aux comptes, le premier enjeu est celui du big data, c’est-à-dire des données, de plus en plus nombreuses, qu’il est primordial de récolter. Avec l’intelligence artificielle, il est par exemple possible de faire ressortir les éléments-clés d’un contrat et créer un algorithme qui automatisera le traitement de tous les contrats. De plus, les transactions à risques et les fraudes sont plus simples à prédire et détecter. Qu’elles appartiennent aux cabinets ou qu’elles soient anonymisées, leur utilisation peut apporter de la valeur ajoutée. Il y a également l’arrivée du cloud qui permet un travail davantage collaboratif, avec l’échange de données facilité entre les clients et les partenaires. La blockchain, quant à elle, favorise la mise en œuvre d’audit en continu avec l’envoi d’informations en temps réel aux clients.

Le directeur de CaseWare France, Fabrice Laurence, et Mathilde David, chargée de projet ont présenté leur innovation, Smart CAC, une plate-forme 100% cloud qui permet de communiquer en toute sécurité avec ses collaborateurs et de gérer ses audits en ligne. « C’est un endroit décentralisé qui facilite les échanges de données », explique Mathilde David. De son côté, Eléonor Caiveau-Partula, manager Audit & Conseil chez BDO France, a indiqué qu’elle utilisait l’outil, Power BI, pour développer son audit. Ce logiciel va au-delà des capacités d’Excel qui sert pour les états financiers et les conclusions d’analyse et propose des modélisations et visualisations de données pour optimiser l’analyse. Romain Badé a également introduit une nouvelle solution en cours de développement, « Intelligent Audit », qui devrait automatiser les tâches d’audit et identifier en temps réel les anomalies comptables de l’entreprise. Selon Fabrice Laurence, « nous allons vers des outils qui seront encore plus prédictifs demain ».

 

Une profession qui s’adapte progressivement

Intervention d’Eléonor Caiveau-Partula @Raphaëlle Sochon

Pour Eléonor Caiveau-Partula, ces nouveaux outils sont accessibles et créent de la valeur : gain de temps, meilleure capacité analytique, meilleure compréhension du business model des clients et meilleur ciblage en fonction des risques identifiés. « Ils permettent de dépasser les limites de l’analyse traditionnelle qui est chronophage, répétitive et segmentée », assure-t-elle. Ce sont les avantages du Data & Analytics, consistant à examiner des données brutes pour en tirer des informations, qui est désormais indispensable. Cependant, il sera nécessaire de développer de nouvelles compétences, comme la capacité d’interagir avec l’intelligence artificielle, maintenir la sécurité et la confidentialité des données clients ou comprendre et analyser les procédés qui engendrent des erreurs. « Il faut bien voir les limites de ces outils pour savoir quand ne plus s’y fier », insiste Fabrice Laurence. En effet, il n’existe pas de normes conformes à l’utilisation des données et de l’intelligence artificielle dans l’audit. Pour les commissaires aux comptes, il est donc indispensable de faire évoluer le cadre normatif afin d’inclure les nouvelles technologies.

 

Pour plus de précisions :

  • La CRCC a mis à jour le guide 2019 « l’audit informatique : tous concernés »
  • Le site du Lab50, l’observatoire de la profession d’expertise comptable et de commissariat aux comptes qui explore le futur des métiers du chiffre.
  • Le campus du Lab50 pour suivre 6 jours de formation sur la data et les soft skills.

À lire également

Plan