Seine-Saint-Denis (93)

À Montreuil, Le comptoir veut développer l’économie circulaire

Publié le 24/02/2020 - mis à jour le 27/02/2020 à 10H17

Le jeudi 16 janvier 2020, Le Comptoir, incubateur d’entreprises à impact social et environnemental, recevait les entrepreneurs de ce secteur en plein essor. Une soirée de rencontres informelles, au cours de laquelle les différents entrepreneurs accompagnés par l’incubateur furent invités à présenter leur entreprise. Parmi eux, Jean-Marc Borello, fondateur du groupe SOS, venu encourager les jeunes créateurs.

Studio Laure / AdobeStock

Les entrepreneurs étaient une cinquantaine à être venus au rendez-vous. Des hommes et des femmes, plutôt jeunes, vêtus de manière décontractée : uniforme jean basket en cuir pour les hommes, robe et ballerines pour les femmes. Chacun arborait sur la poitrine un autocollant avec son prénom marqué au feutre noir, les échanges se faisaient simplement et spontanément. On présentait son projet, questionnait celui des autres, s’enthousiasmait pour des réussites du secteur de l’économie sociale et solidaire. Au bout d’une petite heure, ces échanges furent interrompus par la présentation de l’incubateur et de ses entrepreneurs.

Kevin Goldberg et Elsa Walwer, respectivement directeur et responsable des opérations du groupe SOS Pulse, réseau d’incubateur dédié à accompagner les entrepreneurs sociaux, revinrent sur l’histoire du lieu où se tenait la soirée. Ils rappelèrent que Le Comptoir, situé à Montreuil et présenté par le groupe comme « l’incubateur du Grand Paris » , est né il y a 10 ans pour accompagner spécifiquement celles et ceux qui cherchent des réponses innovantes aux défis sociaux et environnementaux. «  Notre rôle est de créer les outils et d’être un tremplin pour faire émerger les entreprises et maximiser leur impact social et environnemental », précisèrent les deux trentenaires.

Responsable de l’incubateur, Emmanuel Chauvin prit la parole pour vanter le dynamisme de la Seine-Saint-Denis, « territoire jeune et très engagé sur l’économie sociale et solidaire ». « Notre appartenance à ce territoire est une force, celle au groupe SOS en est une autre », analysa-t-il, soulignant les nombreuses opportunités de partenariats possibles avec d’autres entités du groupe SOS. « Notre rôle est d’être à l’écoute des entrepreneurs et des possibilités offertes par le territoire », précisa-t-il. Il profita de l’événement pour annoncer que le Comptoir allait chercher à développer plus encore l’économie circulaire. « Nous avons de plus en plus de demandes d’accompagnement sur ce type de projets, et cela tombe bien car c’est aussi une priorité d’Est ensemble et du groupe SOS ».

Invité discret malgré sa grande taille, Jean-Marc Borello sortit du public pour prendre le micro devant cette assistance d’une petite cinquantaine d’entrepreneurs. Avec une grande liberté de ton, le fondateur du groupe SOS, qui emploie aujourd’hui 18 000 salariés dans l’entrepreneuriat social, revint sur ses 35 années d’activité, affirmant avoir mis 15 ans à trouver l’équilibre. Il vanta les mérites des entrepreneurs à impact, plus sécurisant d’après lui pour leurs investisseurs que ceux visant la rentabilité à tout prix. Il mit en avant l’économie sociale et solidaire, y vit la « preuve qu’on peut faire une entreprise tournée vers l’intérêt général » et la marque de la « véritable insoumission ». Il rappela que le groupe SOS, n’ayant pas d’actionnaire – et donc pas de dividendes à verser – et des salaires limités à tous les échelons, pouvait avoir une réelle liberté. Il présenta l’activité de son groupe, faisant la part belle aux actions internationales – programmes pour permettre à des mères célibataires du Maghreb d’avoir accès aux soins ou à des petites filles afghanes d’aller à l’école – mais présent également en France.  Un des derniers projets du groupe SOS est ainsi de redonner vie à la France rurale, en réouvrant des cafés dans un millier de villages désertés. Il exhorta enfin les tout jeunes entrepreneurs à ne jamais oublier de répartir leurs futurs profits  « entre ceux qui les ont créé et ceux qui ont besoin de vous ».

C’est à ces jeunes entrepreneurs que fut consacrée la fin de la soirée. Tous les créateurs accompagnés par Le Comptoir furent invités à monter sur l’estrade pour présenter leur projet en 3 minutes chacun. Le public découvrit des projets variés : une start-up destinée à valoriser les soft skills dans le monde de l’entreprise, une société voulant allier fitness à la production et au stockage d’énergie, une entreprise s’apprêtant à commercialiser des kits de bricolage à destination des enfants qui apprendraient de manière ludique à réparer au lieu de jeter, une société fondée par d’anciennes puéricultrices pour aider les jeunes parents à faire garder leurs enfants, en leur indiquant, par une application, les places disponibles chaque jour dans les structures de garde de leur quartier. Une vingtaine d’entrepreneurs se succédèrent, incarnant ainsi la diversité et l’ingéniosité de cette nouvelle économie, alliant nouvelles technologies et valeurs de solidarité.

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Référence : LPA 24 Fév. 2020, n° 151t8, p.3

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