Seine-Saint-Denis (93)

Est Ensemble expérimente le programme « Quartiers productifs »

Publié le 02/09/2021 - mis à jour le 02/09/2021 à 10H37

Lancé en mars 2021 par le ministère de la Ville, le dispositif « Quartiers productifs » a pour objectif d’outiller les collectivités pour qu’elles puissent accompagner et soutenir au mieux les entrepreneurs, artisans et commerçants des quartiers dits prioritaires. L’intercommunalité d’Est Ensemble a été retenue comme lieu d’expérimentation et devrait bénéficier avec ce label d’une « mobilisation conjointe de l’Agence nationale de la cohésion des territoires, de l’Agence nationale du renouvellement urbain, de la Banque des territoires et de Bpifrance pour identifier les structures et les orienter rapidement vers les aides dont elles peuvent bénéficier, pour par exemple accélérer leur transition numérique et écologique ».

Lors du lancement du dispositif, le 18 mars 2021, Nadia Hai, ministre déléguée auprès de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, chargée de la Ville, expliquait la nécessité de cette nouvelle étape : « L’accompagnement social a été la règle trop longtemps, et le développement économique l’exception. C’est pourtant un levier indispensable de l’attractivité d’un quartier, qui participe à l’émancipation de ses habitants. Dans nos quartiers, on trouve deux fois moins d’entreprises et de commerces qu’ailleurs. Pourtant, ni les talents ni les clients ni l’envie d’entreprendre ne manquent  » !

Quartiers prioritaires

Avec « Quartiers productifs », l’État accompagne quatorze collectivités françaises dans le redéploiement d’une stratégie économique dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) : la Métropole Aix-Marseille, la communauté urbaine d’Arras, Laval agglomération, la communauté d’agglomération Maubeuge Val de Sambre, pays de Montbéliard agglomération, Montpellier Méditerranée Métropole, l’EPT Est Ensemble, l’EPT Grand Paris Sud, le Grand Narbonne, le Grand Nancy, Orly-Choisy, Roubaix, Toulouse Métropole et Saint-Louis de la Réunion.

Entré en vigueur le 1er janvier 2015, le QPV remplace la zone urbaine sensible (ZUS) et le quartier en contrat urbain de cohésion sociale. La France en compte 1 514 situés dans 859 communes. Leurs périmètres sont fixés par le décret n° 2014-1750 du 30 décembre 2014 pour la métropole et par le décret n° 2014-1751 du 30 décembre 2014 pour les départements d’outre-mer, à Saint-Martin et en Polynésie française. Un critère a été retenu : la part de la population ayant un revenu inférieur à 11 250 euros par an.

Le tissu économique des QPV est caractérisé par une densité deux fois moindre qu’ailleurs, une forte représentation des commerces, des services à la personne et des entreprises du secteur de la construction et une très large majorité de TPE et de microentreprises. Ces dernières sont souvent un moyen de revenir à une activité rémunératrice pour les personnes les plus éloignées de l’emploi.

Autre spécificité : malgré un plébiscite des commerces et services de proximité, les QPV ont moins de diversité d’offres qu’ailleurs. Les faibles revenus limitent également le pouvoir d’achat.

À travers cette démarche, l’État a souhaité simplifier les interventions publiques et resserrer les périmètres d’action pour concentrer les moyens sur les territoires les plus en difficulté. Au sein des neuf communes d’Est Ensemble, 40 % des habitants vivent en QPV. La ville de Bondy compte par exemple trois QPV : Abreuvoir – Bondy Nord – Bondy Centre – Pont-De-Bondy – La Sablière – Secteur Sud, Blanqui et Marnaudes – Fosse Aux Bergers – La Sablière. Cela représentait 21 284 personnes en 2013 selon le système d’information géographique de la politique de la ville.

BONDY - Ancien panneau entrée d'agglomération
Studio Laure / AdobeStock

Une première convention en Île-de-France

Le 29 juin 2021, l’Institut de recherche pour le développement (IRD), situé à Bondy, accueillait sur son campus la ministre Nadia Hai et Patrice Bessac, maire de Montreuil (93) et président de l’ETP Est Ensemble, venus signer la première convention d’Île-de-France du programme. Anne-Claire Mialot, préfète déléguée pour l’égalité des chances, Stephen Hervé, maire de Bondy, des représentants d’Est Ensemble et des élus locaux étaient également présents.

Ce fut l’occasion de présenter des projets entrepreneuriaux qui s’inscrivent dans cette démarche, à l’image de deux initiatives accompagnées par l’association LAB3S. LAB3S est une plateforme mêlant l’économie sociale et solidaire et la recherche et a été inauguré en juin 2017 à Bondy, sur le campus de l’IRD. Un double objectif avait alors été formulé : permettre aux professionnels locaux en lien avec l’alimentaire de se rencontrer, de développer leurs activités, de renforcer leur visibilité et d’améliorer leur impact sur le territoire ainsi qu’aux populations locales de prendre part aux activités et d’améliorer leurs connaissances en matière d’alimentation, de goût, de cuisine… Circuits courts d’approvisionnement, transformation alimentaire et activité culinaire, agriculture urbaine, gestion des bio-déchets et compostage et restauration des sols en zone dense urbaine sont les thématiques qui sont développées au sein de ce projet. Des entreprises dédiées à la transformation alimentaire doivent ainsi émerger à l’horizon 2022.

Sur le site de LAB3S, Élodie Combileau, chargée de mission économie sociale et solidaire témoign : « Le LAB3S, c’est la fabrique d’aujourd’hui ! C’est ici que se forment les entrepreneurs.ses engagé.es autour des questions alimentaires et de transition écologique et qui souhaitent créer de l’emploi vertueux localement. Je suis impressionnée par l’évolution du jardin pédagogique qui deviendra bientôt la première ferme urbaine du Nord de Bondy. Cet écrin de verdure est véritablement un atout pour la ville et ses habitant.es ».

Stimuler l’économie

Le programme « Quartiers productifs » veut donc offrir une boite à outils afin de stimuler la création d’entreprises dans les quartiers prioritaires, pour accélérer la transition numérique et environnementale. Cela doit passer par le développement du commerce et de l’artisanat de proximité, ainsi que par le soutien d’activités productives et de services.

« L’enjeu est de créer une véritable alliance entre tous les programmes que nous mettons en place », a détaillé la ministre. Quatre partenaires se sont associés : la Banque publique d’investissement (Bpifrance), l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), l’Agence nationale du renouvellement urbain (ANRU) et la Banque des territoires.

« La coopération entre l’État et les collectivités locales existent déjà, mais l’idée est de renforcer cette gouvernance localement, de concentrer les actions sur un territoire en particulier, comme peut l’être le quartier prioritaire de Bondy-Nord. Est Ensemble est relativement à la pointe sur le développement économique. Nous voulons amplifier la dynamique et donc en faire une sorte de vitrine », a précisé Anne-Claire Mialot, préfète déléguée à l’égalité des chances en Seine-Saint-Denis, lors de la journée de lancement.

La labellisation des « quartiers productifs » se déroule sur plusieurs phases. D’abord, la phase d’incubation permet de réaliser un diagnostic du territoire et de définir une phase de mise en route. La phase d’accélération met en œuvre et donne accès à des aides ciblées selon les axes de travail retenus. Suivra une évaluation puis un éventuel élargissement à d’autres territoires. Nadia Hai conclut ainsi son communiqué : « Je souhaite qu’avec ce dispositif, les commerçants et les artisans trouvent des solutions pour développer leurs entreprises, que les entrepreneurs bénéficient d’un accompagnement pour se lancer, et que les entreprises soient incitées à s’implanter durablement dans nos quartiers. Les habitants de ces territoires doivent avoir le même droit qu’ailleurs de réussir, la possibilité de s’accomplir, mais aussi de bénéficier d’un ensemble de commerces et de services de proximité qui fait que l’on se sent chez soi dans son quartier ».

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