Les défaillances d’entreprises : vers un niveau record en 2024 ?

Publié le 23/04/2024
Les défaillances d’entreprises : vers un niveau record en 2024 ?
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Les défaillances d’entreprises pourraient atteindre des sommets en 2024. D’après les premiers chiffres d’Altares, le nombre de défaillances dépasserait même la barre symbolique des 60 000 sociétés. Un niveau qui a rythmé la vie économique en France suite à la crise financière de 2008. Depuis septembre 2016, les défaillances n’ont jamais redépassé cette barre historique. Les PME, les TPE et les microentreprises sont les plus touchées dans cette évolution à cause de la conjoncture économique et des retards de paiement. Un constat soulevé lors d’une conférence de presse d’Altares qui a été l’occasion de présenter un nouvel outil d’aide à la décision à destination des dirigeants des PME et TPE.

Vers un niveau record des défaillances d’entreprises en 2024 ? D’après les chiffres d’Altares, spécialiste de l’information économique et financière à destination des dirigeants et des acteurs économiques, 60 360 sociétés défaillantes ont été relevées entre février 2023 et février 2024. Une évolution bien au-delà du niveau avant la crise sanitaire. « Nous avons à la fin du mois de février 2024 dépassé pour la première fois depuis les mois d’août et septembre 2016 la barre symbolique des 60 000 défauts. Un chiffre que nous avions franchi en 2009 à l’occasion de la crise financière. Un chiffre en dessous duquel nous ne sommes plus redescendus jusqu’à la rentrée 2016 », a détaillé Thierry Millon, directeur des études chez Altares lors d’une conférence de presse organisée le 28 mars dernier à Paris.

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Des défaillances d’entreprises proches des 64 000 en 2024 ?

Un pic de défaillances est en train de se constituer après avoir atteint un niveau historiquement bas durant la crise sanitaire entre 2020 et 2021. « Le niveau remonte assez vite puisque nous sommes déjà au niveau relevé à la fin 2015. La phase Covid est naturellement très largement oubliée », a souligné Thierry Millon. Le spécialiste des études a même indiqué : « Nous sommes malheureusement dans une trajectoire inverse actuellement. On ne peut malheureusement redouter qu’il continue de monter ». Et il a même estimé que la hausse des défaillances d’entreprises sur un an pourrait atteindre 12 %. « Nous avons une trajectoire qui pourrait nous amener sur la totalité de l’année 2024 à imaginer qu’on retrouvera un niveau de défaut proche des records de notre pays à environ 64 000 défauts », a-t-il précisé.

Les premières victimes de cette situation sont les entreprises les plus petites. « La composante principale est la fragilité des TPE et PME. Les PME représentent 8,2 % de l’ensemble des entreprises qui ont fait défaut en 2023. Un taux que nous n’avions plus vu depuis la crise financière », a expliqué Thierry Millon. Effectivement d’après les données d’Altares, les petites et moyennes entreprises représentaient 8,5 % des défaillances en 2009 et 8,2 % en 2010. Depuis 2011, cet indicateur est en dessous des 8 % et a même atteint son plus bas niveau en 2018 et 2019 avec 6,2 % de PME en défaut.

Les deux premiers mois de l’année confirment cette tendance. En janvier et février 2024, 11 800 entreprises ont fait défaut en cumulé. Depuis 2004, c’est le troisième début d’année le plus important après 2014 (11 918) et 2015 (12 165). « Parmi ces défauts, l’essentiel comprend des PME et des TPE soit 92 % de cet ensemble. Sur ces deux premiers mois de 2024, la seule part des TPE a augmenté de 25 % par rapport à la même période en 2023. C’est une hausse de 42 % pour les PME », a insisté le directeur des études d’Altares. Dans les difficultés rencontrées par les PME et les TPE, l’allongement des délais de paiement est un facteur important de fragilité.

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La plateforme VERIF pour accompagner les dirigeants de PME et TPE

À la fin de l’année 2023, les retards de paiement atteignaient en moyenne 12,8 jours en France. « Le retard de paiement est la première cause de défaillance des entreprises en France. Pour une petite société, il suffit qu’un seul client ne paie pas pour vraiment déstabiliser tout l’édifice », a illustré Adrien Tzamaras, chef de produit chez Altares. Actuellement, 97 % des entreprises qui exportent depuis la France ont moins de 250 salariés. Dans leurs opérations à l’export, les TPE et PME sont confrontés à deux difficultés. « D’abord, elles veulent s’assurer que le partenaire avec lequel elles vont travailler est solide financièrement. Ensuite, elles doivent s’assurer d’avoir un paiement à l’heure », a insisté Thierry Millon.

Face à cette situation, Altares a lancé à la fin de l’année 2023 la plateforme VERIF. Cet outil d’aide à la décision doit permettre aux dirigeants de TPE et de PME d’accéder plus facilement aux informations concernant des potentiels clients ou partenaires. Grâce à la base de données étendue d’Altares, les informations sur près de 550 millions de sociétés dans le monde sont répertoriées.

Un nouveau service aux entreprises qui s’inscrit dans la stratégie globale de cet expert de l’information économique et financière. « Il y a un enjeu fondamental de soutien aux TPE et PME. On doit absolument démocratiser la compréhension des indicateurs économiques des entreprises pour les TPE et PME. Elles ont moins de ressources, moins de temps et peut-être moins de sollicitations car elles se battent au quotidien pour maintenir leur carnet de commandes et leur activité », a reconnu le président d’Altares, Luc Querton, qui a rappelé que 99 % du tissu économique français était composé de TPE et de PME.

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