Espoir de l’économie : la CCI du 93 célèbre la création d’entreprise

Publié le 13/02/2020 - mis à jour le 14/02/2020 à 3H03

Le soutien à la création d’entreprise est un axe important de la politique de la Chambre de commerce et d’industrie du 93. Chaque année, celle-ci organise les rencontres « Réussir en Seine-Saint-Denis » avec l’aide du conseil départemental et de la chambre des métiers et de l’artisanat. La dernière édition s’est tenue le 21 janvier dernier. La Chambre avait réuni dans ses locaux une trentaine de partenaires à la création d’entreprise. Pendant une après-midi, les porteurs de projets pouvaient les rencontrer et leur poser toutes les questions fiscales, juridiques, économiques, liées à leur projet entrepreneurial. En fin d’après-midi, l’événement s’est clôturé par la remise des trophées « Espoirs de l’économie 2020 », tremplin pour les jeunes créateurs du département.

Pour les jeunes entrepreneurs du 93, la journée « Réussir en Seine-Saint-Denis » est un rendez-vous à ne pas manquer. Ils peuvent ce jour-là bénéficier gratuitement de précieux conseils pour lancer ou consolider leur activité. « L’idée de cet événement est de favoriser la diffusion de l’information en direction des porteurs d’entreprise, de les aider à défricher le terrain et à trouver leur chemin dans le maquis des aides, des accompagnements, des différents opérateurs présents sur le terrain », explique Jean-Daniel Jil, responsable de la vie institutionnelle de la CCI. « Tous les interlocuteurs sont présents au même endroit et au même moment, ce qui facilite les démarches des créateurs », Pour cette dernière édition, la Chambre avait pensé différents ateliers portant sur des thèmes aussi variés que réseautage, le numérique, le choix du statut juridique ou l’économie sociale et solidaire. Pourtant, la fréquentation de l’événement a baissé de moitié. « Nous faisons un bilan mitigé. Nous avons accueilli environ 300 entrepreneurs, contre une moyenne de 600 les années précédentes », reconnaît Jean-Daniel Jil, qui attribue cette baisse de fréquentation aux difficultés de circulation en transport en commun en Ile-de-France. Cette faible fréquentation aurait en revanche bénéficié à ceux qui se sont déplacés. « Sur le plan qualitatif, c’était plutôt de meilleure qualité, d’après les participants et les exposants. Ils ont eu plus de temps pour échanger avec les créateurs ceux qui souhaitent reprendre ou transmettre une entreprise ».

Comme chaque année, ces rencontres furent clôturées par la remise des trophées « Espoirs de l’économie ». Un concours ouvert à tous les entrepreneurs dont le siège social est implanté en Seine-Saint-Denis, qui ont débuté après 2016 et qui ont déjà un exercice clos. Avant de procéder à la remise des prix, Danielle Dubrac, présidente de la CCI de Seine-Saint-Denis, s’adressa à tous les participants. « Vous êtes à la Chambre de commerce, la maison de l’entreprise. Vous êtes chez vous ! », leur lança-t-elle. Devant la petite cinquantaine de créateurs, jeunes pour la plupart, venus assister à la cérémonie de remise des prix, elle loua l’esprit d’entreprise et le dynamisme du département. « Les Français ont un certain engouement pour l’entreprise. La nouvelle génération le voit comme un meilleur moyen que le salariat de prendre l’ascenseur social, et je ne peux, étant moi-même chef d’entreprise, que la conforter dans cette idée », analysa-t-elle. Elle mit en avant, chiffres à l’appui, le dynamisme du 93. « En 2019 plus de 750 000 entreprises ont été créées, et notre département a dépassé le 92 pour la première fois. Plus de 26 000 créations ont été enregistrées. On est évidemment obligés de constater qu’il y a des défaillances mais le solde reste positif ». Elle profita de son allocution pour rappeler que trop peu d’entreprises souhaitent être accompagnées et rappela que la CCI a un très bon partenariat avec le tribunal de commerce en matière de prévention. Elle exhorta les entrepreneurs à sortir de la solitude, les invitant à « se faire accompagner », « à être dans les réseaux ». Surtout, elle termina son intervention par un vibrant panégyrique du chef d’entreprise, « pourvoyeurs d’emploi pour notre territoire » , « œuvrant pour le bien de tous ». « Trop souvent des voix s’expriment pour qualifier la quête entrepreneuriale d’ambition, d’égoïsme, ou pour en souligner des motivations vénales. Il n’en est rien ! On crée aussi son entreprise pour son propre emploi, il suffit de voir la typologie des établissements en SSD pour s’en apercevoir », rappela-t-elle. « La création des richesses profite à tous. Les créateurs d’entreprise semblent, à l’heure où notre société semble un peu se morceler, des acteurs de cohésion du contrat social dans notre pays », lança-t-elle, avant de faire applaudir tous les créateurs présents dans la salle, et particulièrement ceux ayant participé aux trophées des espoirs de l’économie 2020.

Alexi Tauzin / AdobeStock

Le premier prix remis, intitulé : « Parcours de réussite », fut remis par Nadège Grosbois, vice-présidente du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis en charge de l’économie et de l’emploi. Il vient récompenser des parcours de vie parfois difficiles, dans lesquels l’entreprenariat a permis l’insertion. « Ce prix fait particulièrement écho à la politique menée par le département, nous en avons d’ailleurs fortement soutenu la création il y a deux ans. Nous pensons que l’insertion par l’activité est une voie possible à l’accession à un emploi », précisa Nadège Grosbois. Le trophée fut remporté par Catherine Montant, licenciée après avoir affronté un cancer. Son entreprise, « Cathy Center, la force d’Epione », est un centre de bien-être « des personnes fragilisées par la vie, par un handicap, ou pour des personnes qui veulent reprendre leur corps en main dans un contexte bienveillant ». Pour créer cette entreprise, elle a puisé dans les événements douloureux qu’elle avait vécus. « J’ai créé Cathy Center il y a deux ans. En rémission d’un cancer, je n’ai pas trouvé de centre d’activité physique à la hauteur de ma douleur », a-t-elle expliqué.

Ce fut ensuite au tour de Maxime Elturc, tout jeune patron de l’entreprise de marketing multiculturel Targ’ethnic d’être récompensé par le trophée Espoir toutes catégories confondues. « On est une agence de marketing multicuturel. On aide les entreprises à communiquer auprès des populations en fonction de leurs affinités culturelles », expliqua-t-il au micro pour présenter son entreprise, estimant avoir de « bonnes perspectives de croissance », notamment à l’international. Le trophée lui fut remis par Murielle Bourreau, présidente de la Chambre des métiers et de l’artisanat de Seine-Saint-Denis, qui redit à son tour l’importance de l’accompagnement pour la création d’entreprise. « J’engage à passer par nos chambres consulaires pour pouvoir être accompagné pendant, et avant. Dans ce parcours parfois semé d’embûches nous sommes là ».

Le dernier trophée, destiné à soutenir l’entrepreneuriat au féminin, distingua Meriem Malone, fondatrice de la société Madame la Présidente qui commercialise des compléments alimentaires capillaires pour femmes pressées. Cette jeune femme, passée par la Maison de l’initiative locale (MIEL) et la pépinière de la Courneuve, se dit « très honorée ». « Je suis venue la première fois à la CCI quand j’avais 18 ans pour participer à des journées portes ouvertes sur l’entreprenariat. Aujourd’hui, je viens recevoir un prix », souligna-t-elle, mesurant le chemin parcouru. Son trophée lui fut remis des mains de Danielle Desguées, directrice générale du réseau d’accompagnement de créateur d’entreprises BGE Ile-de-France. « La Seine-Saint-Denis est un territoire jeune qui a un énorme potentiel. C’est important d’avoir beaucoup d’ambition et l’entreprenariat est une voie d’émancipation, particulièrement pour les femmes », déclara-t-elle. Elle présenta en effet la création d’entreprise comme une planche de salut permettant d’échapper au plafond de verre et au temps partiel subi. Elle rappela au passage que 80 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes, et que cette situation est subie dans plus de la moitié des cas.

Outre les projets primés, il y avait, parmi les projets finalistes, une société de transport écologique, une entreprise de conciergerie connectée, des créateurs de bijoux dit éthiques… Qu’il s’agisse des lauréats des trophées ou des finalistes, les projets mis en avant ce jour-là faisaient la part belle aux secteurs du numérique et à l’économie sociale et solidaire. Des domaines visiblement prisés des créateurs d’entreprise du département.

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Référence : LPA 13 Fév. 2020, n° 151n6, p.3

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