La « grande transmission » : les notaires de France apportent leur éclairage
Le 22 septembre 2026, le CSN a rendu publique une étude consacrée à la « grande transmission », qui s’appuie sur une enquête menée auprès des notaires de France en mai 2026. Il apporte un éclairage sur son ampleur et sur les réalités de la transmission du patrimoine, du vivant et au moment du décès.
La « grande transmission » fait l’objet de diverses estimations qui reposent sur des périmètres et des hypothèses différents. Aucun dispositif statistique ne permet aujourd’hui d’évaluer de manière exhaustive l’ensemble des patrimoines transmis – les successions, les donations et l’assurance-vie. Le CSN a donc choisi de croiser les données disponibles (INSEE, DGFiP) et les observations des notaires pour documenter le phénomène tout en rappelant les incertitudes qui entourent les projections à l’horizon 2040.
Le CSN estime à environ 6 200 milliards d’euros, en hypothèse médiane, le patrimoine susceptible d’être transmis entre 2025 et 2040.
Une transmission qui ne se résume pas à la succession. Le patrimoine potentiellement transmis ne doit pas être confondu avec le patrimoine effectivement taxable au moment du décès. Ainsi, selon l’enquête menée par le CSN, 27,2 % des successions ont été précédées d’une ou plusieurs donations et plus de 60 % des successions traitées par les notaires ne donnent pas lieu à paiement de droits au décès. Une partie seulement du patrimoine des Français est donc, par le jeu des abattements fiscaux, soumis aux droits de succession. Pour celui qui est taxable, une partie est transmise et fiscalisée en amont du décès.
L’enquête fait ressortir que le montant moyen de la première donation, réalisée à l’âge moyen de 64 ans, est de l’ordre de 300 000 euros, très proche du patrimoine moyen constaté ensuite au décès, estimé à 307 500 euros.
Les transmissions s’opèrent également par la voie de l’assurance-vie, souvent traitée hors de déclarations de succession.
Le CSN souligne en outre que le financement des soins de fin de vie et de la dépendance va certainement grever le patrimoine susceptible d’être transmis aux générations suivantes et infléchir dès à présent les décisions des générations qui anticipent cette éventualité.
Une transmission plus importante mais pas une manne fiscale. À environnement légal constant, le CSN estime que la « grande transmission » entraînera une hausse de moins de 30 % du flux annuel de succession par rapport au niveau observé pendant la période 2018-2024.
Avec des droits de donation et de succession représentant aujourd’hui environ 4,5 % des recettes fiscales de l’État, leur augmentation ne saurait, à elle seule, contribuer de manière significative à la résorption du déficit public.
Favoriser les transmissions anticipées, un enjeu majeur. Dans ce contexte, les notaires de France considèrent que faciliter et encourager les transmissions anticipées doit devenir une priorité pour soutenir la solidarité au sein des familles et dynamiser l’économie. Le CSN continuera à contribuer à la réflexion sur les moyens de mieux favoriser cette anticipation.
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