« La vraie égalité arrivera le jour où… »

Publié le 11/09/2023

À l’occasion des Journées du matrimoine et du patrimoine, qui se tiendront du 15 au 17 septembre 2023, la Ville de Châtillon (92) présente une pièce de théâtre mettant à l’honneur les grandes figures de la lutte pour les droits des femmes. « La vraie égalité arrivera le jour où… » sera représentée le 15 septembre à 20 h 30 à la Folie Desmares.

Alyssia Derly et Coraline Claude, autrices, metteuses en scène et comédiennes

Comédiennes, metteuses en scène et autrices, Alyssia Derly et Coraline Claude seront sur scène le 15 septembre prochain. « Nous nous connaissons depuis le conservatoire de Bobigny, expliquent-elles. Nous avions envie d’allier notre militantisme à notre métier et de parler de la condition des femmes d’hier à aujourd’hui. » C’est sur cette base qu’a été conçu le spectacle « La vraie égalité arrivera le jour où… ». La question était de comprendre pourquoi tant de femmes nous ont précédés mais dont on connaît finalement peu de choses. « Bell Hooks, par exemple, est très peu connue à part dans les milieux militants. On se demande aussi comment ça se fait que des femmes se battent encore aujourd’hui pour leurs droits ? »

Absurdes, selon elles, de monter un Molière, les deux artistes sont frappées par l’arrivée d’Olympe de Gouges au programme du bac en 2021. Née en 1748 et morte guillotinée le 3 novembre 1793 à Paris, elle était femme de lettres et femme politique, considérée comme l’une des pionnières du féminisme en France. Elle a notamment rédigé la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791 et luttait pour les droits des femmes et l’abolition de l’esclavage. « C’était notre point de départ : nous qui avons trente ans, nous ne l’avons pas étudiée. »

Écrite à la fin de l’année 2021, leur performance est jouée devant un public depuis le début de l’année 2022. « Nous avons une forme adaptée pour les établissements scolaires et une forme tout public, explique Alyssia Derly. Avec les adolescents et adolescentes, un atelier est prévu à la fin de la représentation afin d’évoquer différents sujets comme le sexisme, le racisme, les oppressions… L’idée est de réfléchir ensemble à des solutions. »

Pour les Journées du matrimoine et du patrimoine un débat est également prévu. « Nous ne souhaitons pas être dans une dimension pessimiste et immobiliste, poursuit Coraline Claude. Nous essayons de réfléchir à la façon de changer nos attitudes face aux oppressions, pour qu’elles disparaissent. L’idée est de ne pas assommer, de dire qu’il existe « elle, et elle, et elle ». Certes, nous citons beaucoup de femmes, mais de façon ludique, de manière joyeuse et pleine de positif. »

Artistes et femmes de loi, même combat

Sur scène, les deux comédiennes discutent entre elles et échangent sur l’histoire des luttes féministes. « On met à vue notre procédé de recherche, ajoute-t-elle. On joue nos propres rôles de deux jeunes femmes de 30 ans qui essayent de comprendre comment ça se fait qu’aujourd’hui il y a encore du sexisme. Le processus de questionnement est visible sur le plateau pour que le public s’empare de ces questions. »

Les noms défilent, de poétesses mais aussi de femmes de loi. « Il était important de voir que tout est lié, dit Alyssia Derly. Toutes ces femmes artistes créent des œuvres, et derrière il y a des femmes professionnelles du droit qui amènent tout cela devant la justice. Nous évoquons ainsi la magistrate Simone Veil, pour ce qu’elle a apporté pour le droit à l’avortement, ou l’avocate Gisèle Halimi. Nous avons d’ailleurs des audios où elle parle de son combat et de sa volonté de ne pas dissocier la femme de l’avocate. Ces femmes de loi subissent les mêmes oppressions que les autres femmes, mais elles ont aussi le pouvoir de se battre dans des tribunaux. »

Après de nombreuses représentations dans les lycées d’Île-de-France, notamment à Versailles, des appels commencent à émaner ailleurs en France. Pour Alyssia Derly et Coraline Claude, la lutte pour la visibilité des femmes est loin d’être terminée. « Nous avons toujours des difficultés à faire apparaître nos noms dans des programmes. Nous pouvons encore être invisibilisées. Il est important de mettre en lumière le travail accompli. »

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