Abstractions singulières

Publié le 11/04/2017

Ray K. Metzker, Atlantic City, 1966.

Estate of Ray K. Metzker Courtesy Les Douches la Galerie, Paris & Laurence Miller Gallery, New York

Ray Metzker, abstractions

Ray Metzker (1931-2014) est peu connu en France. Il tient cependant une place singulière dans la photographie américaine. Il étudia à l’Institute of design à Chicago, et pendant plus de cinquante ans, il ne cessa d’inventer, le plus souvent dans sa chambre noire, se laissant guider par sa seule intuition. Son travail est très représentatif de cette génération de photographes pour qui l’expérimentation fut le moteur, à l’exemple d’Harry Callahan ou Aaron Siskind.

Ses photographies, exclusivement en noir et blanc, surprennent par la concentration du regard qu’il avait sur les différents aspects de la rue, pour faire des blessures de l’asphalte, du marquage au sol ou de ce qui se reflète dans les flaques d’eau, des images sensibles et habitées. Avec Ray Metzker, les rues de Chicago ou de Philadelphie deviennent des tableaux très stylisés où les rais de lumière se marquent sur les passants, où dans les ombres se découvrent d’autres images. Ses photographies montrent autant son acuité visuelle que son agilité intellectuelle.

La première passion de Ray Metzker fut la musique classique puis le jazz. Et il dit très justement, que « Sans le silence nous ne pouvons guère entendre ce qui réclame notre attention ». Ray Metzker tirait lui-même ses photographies pour trouver les atmosphères ponctuées de lumière et une clarté ponctuée de noir, jouant sur la simplification des formes.

Silvère Jarrosson, murmures sous la surface

Une Suvre de Silvère Jarrosson.

DR.

Avec la technique du dripping qu’il a adoptée, Silvère Jarrosson nous propose aujourd’hui un autre univers de formes pour cette nouvelle exposition. Un univers marqué par l’animal, serpent ou autre reptilien, car nous pourrions reconnaître des peaux de reptiles après la mue. Les formes sont placées sur un fond blanc, le plus souvent, pour nous interpeller, nous confondre.

C’est un univers où l’inconscient s’évoque d’une façon assez précise, qui se nomme dans la représentation abstraite de ses éléments, de ses couleurs. C’est un concentré de matière, qui paraît être rejetée d’un ensemble, comme des fragments de magma solidifiés par l’air ou l’eau. Mais est-ce cela ? Ou des fragments issus du magma de l’inconscient ? Car il y a de l’organique dans ces formes, et du psychique.

La particularité de cette forme d’abstraction est que la gestuelle est conduite par l’inconscient, que les formes et les couleurs sont issues des profondeurs psychiques. Les images de Silvère Jarrosson montrent des formes incomplètes, des fragments issus des profondeurs, des tressaillements de vie. Mais c’est sûrement une prétention que de vouloir mettre des mots sur ce qui conduit à l’émergence de telles formes.

LPA 11 Avr. 2017, n° 125v1, p.15

Référence : LPA 11 Avr. 2017, n° 125v1, p.15

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