Adieu rue Bénouville !

Publié le 25/11/2022 - mis à jour le 25/11/2022 à 10H36

Ces deux assiettes en porcelaine de Sèvres, provenant du service « petits vases et guirlandes » de la comtesse du Barry avec son monogramme « DB », sont estimées 12/15 000 €

Beaussant Lefèvre

On le savait, le président Valéry Giscard d’Estaing appréciait particulièrement Louis XV et son époque. D’autant qu’il assurait descendre de Louis le Bienaimé par Louise-Adélaïde Starot de Saint-Germain, supposée fille illégitime de Louis XV. Hélas pour lui, cette prétention a été balayée par des généalogistes rigoureux comme Joseph Valynseele. Toujours est-il que le président de la République porta haut les couleurs du roi de France. Cet intérêt pour le XVIIIe siècle sautait aux yeux de ceux qui fréquentèrent ou furent reçus dans sa demeure rue Bénouville, à Paris. La décoration était composée de livres, porcelaines, pendules, mobilier, bronzes, tous d’époque.

Tous ces objets issus de la rue Bénouville, réunis en 181 lots, seront mis en vente le 13 décembre 2022 à Drouot par la maison Beaussant Lefèvre, Pierre-Yves Lefèvre étant au marteau. Ce dernier met l’accent sur l’une des plus belles pièces figurant au catalogue, c’est-à-dire un grand bureau d’époque Louis XVI estampillé [Pierre] Garnier (vers 1726-1800) , surmonté d’un cartonnier avec baromètre à mercure et régulateur signé F. [François] Ageron, un des plus grands horlogers parisiens (maître en 1741 et mort après 1783), connu pour ses mouvements à complications, estimé 33/400 000 €. Ce meuble fait partie d’une série très comparable, réalisée par cet ébéniste dont un est conservé au musée Gulbenkian à Lisbonne, un autre à la Huntington Library à San Marino en Californie, un troisième appartenant au marquis de Bath se trouve à Longleat dans le Somerset, et un quatrième est cité comme ayant appartenu à Talleyrand, autrefois au château de Sagan. Celui présent dans les collections Anne-Aymone et Valéry Giscard d’Estaing a été exécuté par Garnier pour le duc de la Vallière, vers la fin du règne de Louis XV et provient de la succession du Général de Brantes, l’aïeul d’Anne-Aymone Giscard d’Estaing.

Rue Bénouville, les Giscard recevaient dans de la porcelaine ancienne. Le catalogue propose une vingtaine de lots de porcelaines de Sèvres du XVIIIe siècle provenant de la famille Schneider, dont est issue l’épouse de l’ancien président. Celui-ci avait acquis de son côté deux assiettes en porcelaine de Sèvres provenant du service « petits vases et guirlandes » de la comtesse du Barry, présentant en leur centre son monogramme « DB », estimées 12/15 000 €. Ce service fut probablement commandé pour le château de Louveciennes, offert par Louis XV en 1769 à sa nouvelle favorite, laquelle y résida jusqu’à sa mort en 1793. On peut en voir un modèle similaire au Musée des Arts Décoratifs ou à la Cité de la Céramique de Sèvres. Nous avons encore noté une paire de seaux à bouteille en porcelaine de Sèvres, marqués de la lettre-date « E » pour l’année 1758, estimée 30/40 000 €.

Beaussant Lefèvre & Associés, 32 rue Drouot, 75009 Paris

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