Alfred Cortot, star toujours

Publié le 05/02/2020 - mis à jour le 07/02/2020 à 16H43

Échanges d’Alfred Cortot, mis en vente par Christie’s.

Christie’s

Le mot « star » ne lui aurait peut-être pas plu.

Pourtant, c’est bien de lui dont tout le monde a parlé l’année dernière : Alfred Cortot.

Cortot chez Christie’s

La collection Alfred Cortot donnait à voir et vendre 187 pièces provenant de l’artiste collectionneur qui, comme l’écrit Olivier Bellamy dans le catalogue, était « un romantique égaré au XXe siècle », qui « avec ses yeux noirs, son regard ardent et sa bouche de dandy », ressemblait à Chopin.

Chopin, dont la vente mettait en scène des portraits signés Louis Gallait, Teofil Kwiatowski et Matisse. Le même dont Cortot détenait des caricatures dessinées par Chopin lui-même, dont une mèche de cheveux (provenant on suppose de l’ancienne collection Émile Pleyel) qui a aussi été mise aux enchères.

La mise en vente d’une collection privée permet évidemment de mieux connaître encore le collectionneur. Les goûts et passions de Cortot le portaient entre autres vers Baudelaire, Cocteau, Delacroix (carnet de brouillons somptueux), Derain, Gorlai, Hugo, Listz (buste en bronze de Fernand Cian, portrait de Friedrich Von Amerling).

Une collection exceptionnelle. Et bien émouvante.

Cortot et l’École normale de musique de Paris

L’École normale de musique de Paris a fêté son centenaire les 12 et 13 octobre derniers, un grand week-end réunissant les curieux et les esthètes dans la salle Cortot. L’École a vu passer Dino Lupati, Samson François et a compté Nadia Boulanger, Paul Dukas, Pablo Casals, ou encore Olivier Messian parmi ses professeurs. Chaque année, 800 étudiants y sont accueillis.

Une journée « portes ouvertes », avec des cours publics, des concerts, des conférences (« L’opéra français », « Cortot pédagogue »), et un concert exceptionnel avec une création mondiale, salle Cortot, d’un quartette avec un piano qui a été spécialement créé pour le centenaire par Éric Tanguy. Il y a également eu des récitals de piano avec les lauréats du prix Cortot, dont la nouvelle coqueluche du piano classique, Lucas Debargue.

Cortot, encore plus

C’est édité par Fayard et c’est signé François Ambrosini et René Jacobs. Le titre est sobre : Alfred Cortot, la plume agréable, l’ambition grande, sur 468 pages : Le dossier Cortot.

Le pianiste y est largement étudié, commenté. Mais aussi l’homme Cortot, à travers ses engagements, y compris les plus controversés pendant l’Occupation…

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Référence : LPA 05 Fév. 2020, n° 148s6, p.23

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