Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise

Publié le 12/10/2017

Anders Zorn, Vacances d’été.

Collection particulière / photo Hans Thorwid

Un grand charme émane des aquarelles, peintures, gravures d’Anders Zorn. On est conquis par son esprit romantique, la vérité de ses vies de villages autant que par la délicatesse des paysages et des nus souvent robustes.

Depuis quelques années, le Petit Palais présente des artistes nordiques peu connus du public et dont l’œuvre révèle de vraies qualités. Grande figure de la peinture suédoise, Anders Zorn naît dans une famille modeste ; très tôt, ses dons pour le dessin se manifestent. Il entre à 15 ans à l’Académie royale des Beaux-Arts de Stockholm et à 20 ans, entreprend la visite du monde, voyage en Europe et aux États-Unis. Il est l’artiste le plus cosmopolite de son pays.

Sa création artistique débute avec des aquarelles dont il devient un maître incontesté. Il saisit la fraîcheur de paysages, fait ressentir l’humus de la forêt et excelle à traduire d’un pinceau léger et une matière fluide la clarté de sous-bois révélant sa sensibilité à la nature. Il travaille en grands formats et témoigne d’un vrai talent dans la traduction de l’eau, son léger clapotis, sa transparence évoqués en douces tonalités grisées dans Vacances d’été. Il recrée aussi bien la poésie de parcs généreusement fleuris et peint avec une extrême finesse les atmosphères si différentes d’Alger, Constantinople ou la Cornouailles. Puis Anders Zorn s’intéresse aux nus dont il brosse la chair lumineuse, à l’huile qu’il pratique alors, en une peinture diaphane où la matière s’allège de transparences. Les modèles : baigneuses, femme à sa toilette, avec leurs rondeurs et d’un grand naturel sont toujours exécutées dans le désir de révéler la beauté, la sensualité des corps. Il étudie les effets de lumière sur les modèles. Les jeunes femmes se fondent dans le paysage. Mais Anders Zorn est aussi urbain ; il semble éprouver un réel plaisir à saisir des instants de la vie de Paris où il s’installe en 1888. Il y restera 10 ans. Il rencontre artistes, écrivains, comédiens, participe à des expositions et expose dans les célèbres galeries Durand-Ruel et Georges Petit. Depuis 1906 il n’a plus été présenté dans la capitale.

Le peintre semble éprouver un grand plaisir à saisir des instants de vie, il peint des scènes animées ; ainsi sur la toile d’Effet de nuit une jeune femme esseulée dans la rue et à la démarche incertaine est réalisée avec vérité. Omnibus témoigne de son esprit d’observation ; il évoque les voyageurs sous un éclairage étudié, recrée cette ambiance particulière. Artiste complet, Anders Zorn est un portraitiste de talent ; sa réputation est née de l’aspect spontané de son travail et de sa finesse d’observation psychologique. Les modèles sont réalisés dans leur intérieur, ce qui confère l’intimisme.

Après toutes ces années à l’étranger, le peintre éprouve le besoin de retrouver son pays, ses racines en Dalécarlie au sud de la Suède. Ses paysages familiers sont légèrement brossés dans leur vérité ; vastes espaces où la nature paisible est reine sans description trop précise. Il est une autre facette importante de sa création : la gravure, avec laquelle il a connu le succès. Il réalise des compositions aux belles valeurs ; elles participent de la même vibration que peintures et aquarelles. L’influence de Rembrandt est perceptible. Un artiste à découvrir absolument.

Parallèlement à cette rétrospective, le Petit Palais, qui possède une grande collection de pastels, présente une sélection de 130 œuvres datant, pour la plupart, de la seconde moitié du XIXe siècle qui a vu son renouveau dans l’exposition L’art du pastel de Degas à Redon. Sont mises en valeur les différentes approches et les courants artistiques : Naturalisme, Impressionnisme, Symbolisme. Le parcours se termine par trois œuvres contemporaines d’Irving Petlin .

LPA 12 Oct. 2017, n° 129z7, p.16

Référence : LPA 12 Oct. 2017, n° 129z7, p.16

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