Ballade gastronomique dans Lille et ses environs

Publié le 08/09/2017

La grand place de Lille.

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Un plat traditionnel, le Poetvelesch.

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Du 17 au 20 septembre prochain, aura lieu le 113e Congrès des notaires de France ; l’occasion sûrement pour vous d’une échappée dans le Nord. Les qualités touristiques de la région et de la mégapole qu’est devenue Lille (patrimoine, arts, vie quotidienne) sont réputées ; les atouts de la table, outre la convivialité des lieux et de des habitants, sont bien connus aussi.

Dans tous les guides, vous ne pourrez pas occulter les établissements suivants : La Table de l’Hôtel Clarance, La laiterie et La Cense à Lambersart, L’Hermitage Gantois de l’hôtel éponyme, Clément Marot. Ces restaurants sont à juste titre plébiscités, étoilés, macaronés…

Pour vous conseiller, nous sommes allés essayer plusieurs tables à Lille et dans sa proche banlieue au cas où vous prolongeriez votre séjour. N’ayant pu tester hélas nous-même tous les restaurants, nous nous sommes fait aider par une journaliste de la Voix du Nord, le quotidien local.

En premier lieu, La Table du fougueux et instable Nicolas Pourcheresse ! Pâtissier chez Meert à une époque, il souffrait de ne pouvoir laisser libre cours à sa créativité ; d’où son départ après un précédent séjour dans un étoilé du Jura. Se cherchant toujours, Nicolas Pourcheresse a été candidat à Top Chef en 2015 avant de trouver un lieu visiblement à sa hauteur dans cet hôtel de luxe (un Relais & Châteaux dont il faut admirer la classique façade, à défaut d’y prendre un repas). Cuisine française traditionnelle, associations mer-terre et/ou iode-viande étonnantes avec les « plus » d’un potager du chef.

La laiterie : une table aussi étoilée grâce aux talents de Nicolas Gautier arrivé en 2013 et d’Anne-Sophie Bercet, la reine du sucré arrivée en 2015. Des poissons parfaitement cuits, de la générosité et de la chaleur humaine dans l’assiette, une fort belle cave de Bourgogne et de Bordeaux et beaucoup d’humilité de ce chef qui, lorsqu’on lui demande quel est son plat signature, avoue avoir encore tant à découvrir qu’il ne peut le citer : « tant que je n’aurais pas tout vu ni tout goûté, je n’aurais pas de spécialité ni de plat signature. J’ai encore tant de choses à découvrir ».

La cense : une autre adresse sur ce coin excentré de Lambersart avec un décor entièrement refait début 2016 et un cadre de ferme rustique aux belles charpentes boisées, aux murs brique et craie dans la tradition du Nord. En cuisine, le maître restaurateur Stéphane Lefevre qui a obtenu un Bib Gourmand en 2016.

L’hermitage gantois : comme pour le Clarance et même si vous n’y déjeunez ou dînez pas ; passez devant le lieu qui historiquement vaut le détour. En plein centre ville, le restaurant est dans un ancien hospice datant de 1460. La décoration a été modernisée et joue entre un petit côté gothique avec des ogives aux briques rouges et or et des tableaux anciens se mariant à l’aspect plus contemporain du sol en marbre noir. Le chef Richard Demandrille propose une cuisine fraiche, inventive, ancrée sur le terroir du Nord.

Clément Marot : ici, la verve et les bons mots, la convivialité et la générosité sont de mise et certains convives viennent parfois principalement pour Clément Marot, un lointain descendant du poète du XVe siècle originaire du Lot. Mais le poète cuisinier n’est pas toujours présent et il est maintenant secondé par François Vandeweghe pour une cuisine ultra traditionnelle et un tantinet riche.

Le Gabbro : ambiance typique de brique rouge, bar en bois naturel et peinture sombre aux murs conférant néanmoins une sensation cosy, chaleureuse. Avec de bons produits frais, les assiettes sont généreuses et concoctées par deux amis anciennement à La Laiterie.

Le Compostelle : si cet établissement est souvent préconisé pour des groupes, il a néanmoins retenu notre attention pour des raviolis frais au curry noir-farce de fromage de brebis-écume de beurre, du cabillaud à la chapelure d’agrumes et légumes fanés, un millefeuille de pommes-gelée d’Earl Grey et mascarpone qui affichent les 39 €.

Le Jaja : comme son nom l’indique, plus une table d’hôtes et un bar à vins qu’un réel restaurant ; mais des assiettes de tapas généreuses pour accompagner une bonne bouteille dans cet endroit à la belle décoration de bois brut et aux carrelages géométriques vintage. Le prix du verre au vin est fixe et d’un bon rapport qualité ; la serveuse revient donc vite vous le remplir avant même que vous n’ayez pris le quart de votre planche de charcuterie !

Rouge Barre : de la bistronomie après une aventure Top Chef en 2014 pour Steven Ramon, encore un cuisinier passé par La Laiterie. L’énoncé des plats est épuré du genre « caille-panais-foie gras » ou « agneau-céleri-kumquat » ou « praliné-pamplemousse-miel » ; mais le résultat est inédit, pétillant et vraiment réussi.

Un estaminet lillois.

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Au Goût du Jour : dans une rue riche en hôtels particuliers, un lieu étroit néanmoins décoré de cheminées en marbre, de boiseries, de hauts plafonds modernisés par du mobilier très contemporain. Ici, pas de carte, ni de menus : on ferme les yeux et on se laisse guider par le chef qui décide et pour notre part le repas se composa de Saint-Jacques au ketchup de tomates et orge perlé, d’un saumon pommes de terre Vitelotte et carottes marinées et d’un croustillant d’amande sorbet grenadine et poires marinées. Un bon rapport qualité/prix pour cet établissement.

Une dernière adresse qui nous a séduits hors Lille : Bloempot à Boeschepe, près de la frontière belge en pays flamand (mais français), Florent Ladeyn rend un bel et vivant hommage au terroir avec force moules et poissons dans son auberge familiale. Ce finaliste de Top Chef récidive en ville dans un ancien atelier de menuiserie avec le produit régional toujours mis à l’honneur.

 

 

LPA 08 Sep. 2017, n° 129m7, p.118

Référence : LPA 08 Sep. 2017, n° 129m7, p.118

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