Brancusi, père de la sculpture moderne

Publié le 23/05/2024

D’origine roumaine, Constantin Brancusi arrive à Paris en 1904. Il a alors 28 ans et demeurera toute sa vie dans la capitale, où il crée une œuvre témoin de son intense créativité, il décède en 1957. Aujourd’hui, le Centre Pompidou qui possède une des plus grandes parties de son œuvre lui rend hommage dans une exposition où la mise en scène permet de mieux comprendre ce qui fera de lui le père de la sculpture moderne.

Centre Pompidou, ADAGP

La découverte des 400 pièces exposées par thème parmi lesquelles, outre les 200 sculptures, figurent dessins, articles, lettres, photographies, s’avère d’autant plus émouvante qu’elle est présentée dans l’atelier partiellement reconstitué de l’artiste, lieu où il a réalisé tant de chefs-d’œuvre. Admirateur de Rodin autant que des femmes sensuelles de Maillol, ou encore de l’art des Cyclades, il a été l’ami d’artistes d’avant-garde comme Duchamp et Fernand Léger. Il s’intéresse également aux travaux des cubistes tout en suivant un chemin personnel. Sa recherche par rapport à l’espace est permanente. Au fur et à mesure de son travail, il supprime le détail pour ne conserver que l’essentiel, la forme primordiale, en l’occurrence celle de l’œuf qu’il reprend dans de nombreuses sculptures, comme dans La Muse endormie, dont on admire les traits épurés qui se retrouvent dans le Portrait de Mademoiselle Pogany, dont le visage est juste suggéré et si intensément présent. On y décerne une légère ouverture vers le cubisme dans sa géométrie.

« Créer comme un dieu, commander comme un roi, travailler comme un esclave », cette phrase forte résume parfaitement le caractère de ce sculpteur, son travail incessant, ses recherches pour arriver à créer l’essentiel tout en demeurant attaché à la réalité, à la vérité, loin de toute compromission. S’il les simplifie, les volumes demeurent importants, évocateurs, lisibles tel que ce Torse aux lignes rythmées. Parmi les animaux, on remarque un Phoque taillé dans un bloc de marbre gris veiné, animé de vie. Chacune des œuvres, qu’elles soient réalisées en bronze, marbre ou bois révèlent l’attachement de l’artiste à la réalité dans la sublimation de la forme, sa pureté que l’on retrouve dans ses représentations d’oiseaux filiformes tout en finesse qui s’élancent dans l’espace. Et parfois apparaît un primitivisme dans des créations en bois qui rappellent les totems. Omniprésent, le rythme se retrouve dans les différents thèmes : portrait, torse, animaux et toujours ce rapport à la forme pure de l’œuf, tel que Le Commencement du monde.

L’exposition a bénéficié de prêts importants de musées internationaux qui permettent une bonne connaissance de cette œuvre majeure, multiple qui, au-delà des modes, est toujours demeurée fidèle à l’essentiel. Cette création exerce une réelle fascination jointe à l’admiration par sa beauté épurée, sa variété, sa vérité.

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