Chateaubriand et Napoléon Bonaparte, destins croisés

Publié le 26/08/2016

Alexandre Duval-Stalla est avocat. Il sait raconter l’Histoire et a un sacré talent d’écriture. Il se passionne et nous passionne pour la biographie croisée, exercice qu’il affectionne, dudit François-René de Chateaubriand et de Napoléon Bonaparte dont il entrelace les épisodes de vie et brosse les portraits avec érudition et un bel art de la synthèse.

Ceux qui connaissent Napoléon en apprendront ici encore sur lui, tel que vu par Chateaubriand. Et ceux qui auraient oublié Chateaubriand vont le (re)découvrir à travers ce qu’en pensait et disait Napoléon ! François-René est égocentrique, orgueilleux, colérique et impulsif mais aussi fidèle, droit, intègre et exemplaire en bien des points. Ce Chateaubriand est un vrai héros romantique et un personnage de roman. Le livre raconte leur impossible rencontre (nonobstant la brève entrevue à l’hôtel de Brienne) parce que « le masque des postures et la rivalité écrasante entre ces deux génies l’ont empêchée. L’un rêvant à la place de l’autre et réciproquement ». Les escarmouches entre les deux hommes, leurs admirations réciproques aussi vives que leur adversité, les facettes de leur parcours, sont retracées ici avec force de citations : la politique, la diplomatie, l’écriture (Bonaparte a très tôt compris l’importance du livre : regrettant de n’avoir pas réussi à s’attacher le premier des écrivains, il dictera à Sainte-Hélène le livre qui scellera aussi son mythe). Aussi les femmes, face auxquelles « l’enchanteur et le hussard ne mènent pas les mêmes assauts. Meilleurs soutiens de sa gloire pour Chateaubriand, les femmes ne sont que des cocottes pour Napoléon. L’amour n’est pas sérieux ; Joséphine le lui a appris à ses dépens. Pour Chateaubriand, il est au contraire, un enchantement littéraire. Une manière de vivre, de rêver et d’écrire (…) ».

Pour Alexandre Duval-Stalla, tous deux ont initié la modernité sur laquelle nous vivons encore. Leurs parcours et leurs engagements nous parlent.

Il faut au passage (re)lire les Mémoires d’outre-tombe, cette autre expérience littéraire à laquelle nous invite son livre.

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Référence : LPA 26 Août. 2016, n° 119q4, p.14

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