Découverte de Sam Szafran

Publié le 10/12/2020 - mis à jour le 14/12/2020 à 9H59

Chers lecteurs,

Malgré le confinement, nous avons décidé de continuer à partager avec vous de belles expositions, visitées avant le début du confinement ou découvertes virtuellement. Ce sera d’autant plus l’occasion pour vous, chers lecteurs, d’aller les visiter une fois cette période compliquée derrière nous. En attendant, portez-vous bien !

La Rédaction

Peintre inclassable, figuratif mais indépendant, n’obéissant qu’à son désir plastique, Sam Szafran était l’ami de Léonard Gianadda, créateur de la Fondation Pierre Gianadda à Martigny (Suisse). Grand admirateur de Sam Szafran, il a acquis un nombre important de ses œuvres.

Sam Szafran est reconnu comme un maître de l’aquarelle et du pastel, dont il a su exploiter toutes les richesses. C’est dans l’atelier de la Grande Chaumière qu’il a appris ces techniques. « J’ai choisi le pastel comme procédé d’expression parce qu’il m’apparaissait un moyen d’une extrême rigueur pour me débattre avec mes fantasmes ».

Personnelle est l’iconographie de Sam Szafran, bien que ses thèmes favoris soient empruntés au quotidien : escalier, atelier, serre, philodendron. Il a su les transcender, en donner une vision à la fois libre et réaliste, issue de ses permanentes recherches.

Sa vie durant, il a tenté de pénétrer les secrets du travail au pastel comme il a renouvelé l’art de l’aquarelle, exécutée d’abord sur papier puis sur soie chinoise, révélatrice de son admiration pour la peinture orientale. Il reprend les mêmes sujets à travers ces deux techniques, offrant ainsi un regard différent sur ce qui l’entoure.

Ce peintre singulier aimait travailler les grands formats, il avait besoin d’espace, le quotidien est demeuré son thème favori, exprimé par un trait parfois nerveux, toujours juste qui le révèle excellent dessinateur, inventif dans la traduction de notre environnement…

Sam Szafran peint ses premiers feuillages au pastel au début des années 1970 ; ce sont souvent des philodendrons bleu-mauve qui envahissent le premier plan. Un fin tracé ocre clair décrit un feuillage arachnéen ; la plante devient parfois protectrice de Lilette, l’épouse du peintre, se reposant sur un banc. Dans quelques aquarelles, elle envahit la composition jusqu’à en devenir presque étouffante. Œuvres poétiques autant que romantiques, mais aussi secrètes.

Dans l’espace clos de l’atelier, il aligne des boîtes de pastel ou tableaux et châssis, entre ombre et lumière, en une symphonie de bruns éclairés par le blanc des toiles vierges.

Mais le plus impressionnant peut-être dans cette œuvre, est la traduction magistrale et si personnelle des escaliers. En une ligne serpentine, il peint les rampes de ces escaliers en colimaçon, étroits en un trait fulgurant et sous des angles de vue inventifs.

On est pris par ce tourbillon de marches, de rampes réalisées en un chromatisme d’ocre nuancé et d’un blanc presque bleuté. Le pastel est parfois posé en strates successives ; il arrive que les escaliers semblent déformés en une intéressante géométrie, ils font songer à des labyrinthes.

L’artiste a étudié la lumière et les ombres qu’il a fort bien orchestrées dans ses compositions, pour traduire sa vision de l’espace. Il s’est interrogé également sur la manière de retrouver la fraîcheur du premier regard. Son œuvre est, par moment, parcourue d’une inquiétude latente.

Léonard Gianadda a souhaité rendre hommage à son ami en lui consacrant une salle où sont réunies les œuvres acquises.

À découvrir également les deux grandes céramiques en grès industriel, apposées sur les murs extérieurs de la Fondation avec pour thème : « Escalier » et « « Philodendron », qui, selon l’heure, reçoivent tour à tour la lumière.

Michel Darbellay

Un autre hommage est rendu à ce photographe suisse, ami de Léonard Gianadda, avec une grande rétrospective.

À travers ses clichés, revit le Valais et ses paysages alpins ou de campagne. La sensibilité de l’artiste, le talent à faire vivre ces sites traduisent l’attachement de l’artiste à sa région.

Guide de montagne, pilote d’avion, Michel Darbellay a pris de nombreuses photos depuis les airs. La beauté, différente selon les saisons, de cette région, est ici très perceptible. Ces œuvres contribuent à la connaissance intime du Valais.

Œuvre sans titre de Sam Szafran.

DR

À lire également

Référence : LPA 10 Déc. 2020, n° 157z7, p.19

Plan
X