Des casques sans tête

Publié le 27/05/2024

Ce casque Adrian de 1519 d’officier général non-règlementaire, tant pour la couleur que la disposition des étoiles, est estimé  300/350 €

De Baecque & Associés

Lorsqu’un chevalier remettait à son filleul son heaume, il lui disait : « Sire chevalier […] comme la tête est la citadelle où résident les facultés de l’âme, il faut aussi que, lorsque vous armerez votre tête, vous n’entrepreniez rien qui ne soit juste, hardi, glorieux et relevé, et que vous n’employiez point ce glorieux ornement de votre chef en des actions basses et peu importantes. » Il est évident que lorsqu’un soldat se coiffe de son casque, un mot venu de l’espagnol, il ne songe pas aux paroles symboliques du chevalier. Il cherche simplement à se protéger. Les heaumes comme les casques font partie intégrante de l’équipement militaire, et cela depuis la nuit des temps.

Le Musée des sapeurs-pompiers de Lyon en a réuni une importante collection. En 1992, ce musée fondé en 1972, qui possède plus de 5 000 pièces de matériel d’intervention, pompes à bras, véhicules, bateaux, tenues, s’est porté acquéreur d’une collection de 1 380 casques, dont 840 de sapeurs-pompiers du monde et 540 casques militaires. Les conservateurs ont décidé de se séparer des militaires. Ces quelque 500 casques seront mis en vente à Lyon, le 18 juin 2024, par la maison De Baecque & Associés, assistée par Nicolas Dugoujon. Parmi eux, des casques français, anglais et américains datant des débarquements de Normandie et de Provence, dont on commémore cette année les 80 ans. On note également des curiosités comme un « casque de guetteur de tranchée, modèle de Saint-Chamond » de la Première Guerre mondiale, estimé 1 000/1 200 €. Réalisé en fonte d’acier, fruste, il est inspiré du pot-en-tête de 1846. Il devait servir pour les guetteurs lorsqu’ils se hissaient en haut de la tranchée. Inconfortable et peu efficace, il ne fut utilisé que sur peu de secteurs du front et fut vite abandonné. Les premiers aviateurs militaires disposaient d’un casque type Roold, en liège gainé de cuir, doté d’une courte visière, d’une coiffe en cuir et soie jaune matelassée, et d’une jugulaire en tissu. Ce rescapé des « as » est estimé 5 00/600 €. Un « casque portugais modèle 16 », dont on attend 200/250 €, équipait les volontaires en Espagne en 1936. Celui-ci, en forme de « plat à barbe », est en acier cannelé, à la livrée verte ornée d’une croix pattée portugaise peinte en jaune sur le devant, la coiffe en cuir, tissu et liège. Le Gendarmer Maritime circulait aussi à moto durant la Seconde Guerre mondiale. Son casque motorisé, modèle 35, est en forme de bombe peinte en noir, comportant un bandeau en cuir fauve orné en son centre d’un attribut figurant une grenade brochant une ancre. Il pourrait atteindre 300/350 €. Sans oublier la vedette de tous les casques, l’Adrian, mis en service en 1915. Un modèle d’officier général, bombe acier dans une peinture bleue non réglementaire, orné de deux étoiles fixées à la verticale sur le devant, et d’une plaque en laiton « soldat de la Grande Guerre » fixée postérieurement au conflit, est estimé 300/350 €.

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