Deux bistrots à découvrir

Publié le 27/06/2016

Jaïs

Découverte de manière inopinée, Jaïs est une belle adresse qui va vite se faire une place au cœur de la rue Surcouf, connue pour son nombre improbable de bons restaurants.

D’une famille de restaurateurs, les frères Mimoun viennent d’investir cette petite salle aux murs de pierre où le blanc domine et contraste avec le bleu des chaises. Une affaire de fratrie, donc, où l’aîné, Yanice, est en salle et au bar pendant que son frère Jaïs, 28 ans, est au piano. Celui-ci a été formé chez Médéric avant de travailler avec Éric Fréchon au Bristol, puis au Petit Tonneau. Sur les quais, il a laissé aux mains d’un second Le Petit Célestin, pour se consacrer totalement à Jaïs.

Quelle cuisine bistrotière nous proposent donc ces deux-là ? La carte est courte, ce qui est déjà un bon signe et témoigne d’une cuisine faite maison : d’ailleurs une grande verrière dans la salle permet de suivre ce que préparent le chef et ses acolytes derrière leurs fourneaux et tables.

En arrivant, vous trouvez un bon pain de Thierry Breton et un morceau de gros beurre en motte et des lamelles de saucisson : un amuse-bouche de bon bistrot.

Commencez tout en fraîcheur par une rémoulade de tourteau aux pommes vertes et estragon rehaussée de guacamole. C’est parfumé, très légèrement iodée et d’un parfait contraste entre le gras de la purée d’avocat et l’acidulé de la pomme Granny Smith. Comptez 16 € et, si vous préférez une entrée plus automnale et consistante, les macaronis farcis d’artichauts, truffe et de foie gras sont excellents et gratinés d’une Mornay au parmesan (22 €).

En plat principal, le croustillant de groin de cochon ou la joue de bœuf façon Bourguignon sont des plats gentiment canailles ; vous pouvez opter sinon pour la légèreté des poissons : le bar rôti au citron confit et fèves jus de viande au thym citron (24 €) ou la raie pochée à la grenobloise et son écrasée de pommes de terre (26 €).

Le salé est réellement de belle facture ; il suffirait que le choix des desserts soient un peu plus osés et travaillés pour que le repas soit totalement et complètement réussi. En effet, le pot de crème à la vanille, l’omelette norvégienne et la tatin sont bons mais manquent un peu de fantaisie. Le chef va sûrement prendre bonne note de ces conseils néanmoins très personnels et vous passerez alors un délicieux déjeuner ou dîner.

Le Trésor

L’impasse est sympathique, car isolée de la cohue piétonnière du Marais. Aux beaux jours, on a bien envie de s’installer dehors à l’ombre des arbres pour attaquer « force rôts », aurait-on dit il y a plusieurs siècles !

Place donc à la viande et à des spécialités auvergnates, puisque ce restaurant est un peu une vitrine de ce beau département agricole. Dans la déco même du lieu on a garni les chaises de peaux du bétail emblématique de l’Aubrac, les vaches. On est loin du réel bougnat des années 1980-1990…. Mais qu’importe !

La décoration du Trésor vous emmène en Auvergne.

DR

Si le cœur vous en dit, démarrez sur les chapeaux de roue avec un os à moelle et ses toasts pour déposer sur le croquant du pain de la moelle fondante (9 €). Plus light mais néanmoins riche en cholestérol, l’œuf mollet frit sur une crème-duxelle de champignons est délicieux (9 €).

Incontournable, la viande à choisir est évidemment celle de bœuf, en onglet, tartare, bavette ou entrecôte avec de bonnes grosses frites maison. C’est goûteux, ferme et accompagné de la sauce de votre choix (béarnaise, poivre, moutarde, roquefort) ou mieux encore d’aligot, cette purée de pommes de terre qui file de fromage (de la tomme). Comptez entre 19 et 28 €.

Si vous n’avez plus faim, vous pouvez vous abstenir de dessert, car ils sont ultra classiques : tatin et crème fraîche ou boule de glace à la vanille, salade d’oranges, mi-cuit au chocolat… (de 9 à 11 €).

Un repas à accompagner avec un verre de Côtes-du-Rhône AOP « Les 3 Garçons » à 5,50 € le verre ou 24 € la bouteille ou, si vous êtes au moins quatre, d’une bouteille de Châteauneuf-du-Pape AOC « Les Granières de la Nerthe », un vin bio à 54 €.

 

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Référence : LPA 27 Juin. 2016, n° 117c7, p.21

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