Dragon, chat ou cochon ?

Publié le 13/12/2021

Cette série des 12 animaux du zodiaque chinois de la dynastie des Tang (618-907 après J.-C.), a été présentée au cours de la Biennale des antiquaires, par la galerie belge Ming-K’i.

Ming-K’i Gallery

Êtes-vous cochon ou cheval ? Cette année, le signe astral chinois est le bœuf ; il sera en 2022 celui du tigre. Contrairement à notre horoscope qui dépend du soleil, celui établi dans l’empire du Milieu est calculé selon son calendrier lunaire, déterminé sur un cycle de 12 ans, et non de 12 mois comme le nôtre. Chaque année correspond à un animal. On prétend qu’il permet d’en savoir plus sur le caractère et la personnalité de chacun. Nous pouvons en douter ou y croire. Ces déterminismes font songer à un jeu ; mais celui-là en Chine est pris au sérieux. Pour ses habitants, toute chose possède une énergie propre, déterminée par le nombre de Ch’i. Celui-là n’a pas d’équivalent précis avec l’Occident ; on le traduit comme on peut par « flux d’énergie naturelle ». Les terres, les individus, les maisons et même les objets inanimés en bénéficient. Les 12 animaux de l’horoscope chinois sont, dans l’ordre : Rat, Bœuf, Tigre, Lapin (ou Chat), Dragon, Serpent, Cheval, Chèvre (ou Mouton), Singe, Coq, Chien et Cochon. Ils sont étroitement liés à la vie quotidienne de la population chinoise antique ou ont un sens positif ».

Lors de la Biennale des antiquaires qui s’est tenue fin novembre sous le Grand Palais Éphémère, la galerie belge Ming-K’i présentait une série de ces douze animaux du zodiaque chinois de la dynastie des Tang (618-907 après J.-C.), provenant de la province de Shaanxi (au sud-ouest de Beijing). Ces statuettes en terre cuite montrent encore des traces de pigmentations. Les figurines hybrides représentent toutes des personnages vêtus de la robe traditionnelle Tang, peu éloignée de celle des Han, le Shenyi, très ample et longue croisée sur la poitrine, dont les manches larges et volumineuses dissimulent les mains. Les têtes sont évidemment celles des animaux. Leur apparence n’est pas éloignée de ces statuettes funéraires montrant un peuple de servantes, de danseurs et de musiciens, assis ou debout que l’on appelle Mingqi ou Ming-K’i, qui a donné son nom à la galerie.

On rapporte que sous cette dynastie Tang, la fonction de gardiens du temps de ces animaux du zodiaque, que l’on nomme Shengxiao, signifiant à la fois « naissance » et « ressemblance », car elle s’étendait même au-delà de notre monde. Selon les règles des Tang, au sein de la tombe des fonctionnaires, devaient se trouver « 4 dieux et 12 animaux » pour veiller sur eux. D’où les figurines funéraires représentant les 12 animaux du zodiaque. Celles-ci étaient apparues lors de la période des Six dynasties (IIIe-VIe siècle) et plus particulièrement avec la dynastie des Wei du Nord (386 – 534) et furent alors utilisées comme objet funéraire. On raconte encore que l’Empereur de Jade, celui qui régit les autres dieux, demanda à voir les 12 animaux les plus intéressants de la Terre le premier jour du premier mois lunaire, et que le rat a obtenu la première place par ruse, devenant l’ennemi juré du chat.

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