François Avril, « Bretagne »

Publié le 13/08/2021 - mis à jour le 13/08/2021 à 10H17

Maison isolée, par François Avril.

François Avril – Courtesy Huberty & Breyne

Une lumière limpide baignant le paysage, un dépouillement voulu qui crée l’atmosphère, une palette délicate retiennent l’attention dès le premier regard. Cette œuvre silencieuse demeure fort évocatrice.

François Avril préfère la suggestion au dessin précis et cependant la vie est là, entre mer et terre, rochers, falaises du pays breton. La découverte de la Côte d’Armor il y a 30 ans ne l’avait pas enthousiasmé mais lorsque, plus tard, ses pas l’ont conduit à Perros-Guirec, il a été immédiatement séduit par la région où il a ouvert un atelier. C’est dans cette ville qu’il a passé le confinement. Une occasion d’observer longuement, calmement cette nature, de s’en imprégner et d’en donner sur la toile ou le papier son impression, son émotion.

Diplômé de l’École des Arts Appliqués et des Métiers d’Art, François Avril a longtemps réalisé des bandes dessinées collaborant à diverses revues, il est devenu une figure importante de l’illustration. Puis la peinture l’a attiré et il s’y consacre aujourd’hui ainsi qu’au dessin, à la lithographie et à la sculpture d’arbres. Sans difficulté, il est passé de la trépidation urbaine au calme des paysages et rivages marins. Sa remarquable esthétique de la ligne épurée simplifie le dessin en une douce géométrie toujours dans le respect du site. Ces compositions aérées, où le vide est présent, vivent sous une lumière qui les vivifie. Un fin et délicat tracé délimite l’architecture des falaises, celle d’Étretat ou d’autres lieux qui imposent leur présence dans leur schématisation en une intéressante sobriété. Subtils sont les rapports colorés, exécutés dans une douce gamme d’ocre clair, bleu, blanc cassé, noir posés en aplat. La mer calme, délicatement bleutée, parfois animée de rochers noirs, borde des landes peuplées d’arbres élancés, là encore succinctement écrits et très présents. Leurs troncs noirs dialoguent avec l’ocre du sable et le bleu marin. Sous la peinture apparaît un dessinateur rigoureux à l’observation attentive afin de rendre au plus près la beauté de ces lieux solitaires volontairement dépouillés, sereins dans la pureté d’une lumière pure et où les ombres sont absentes. La nature est ici livrée à elle-même, loin de la foule, une incitation à la méditation devant cette sérénité que rien ne vient perturber. Dans ces compositions structurées, horizontalité et verticalité se répondent.

Cette réinvention du site se retrouve dans les dessins au crayon ou à la plume ; roches, falaises dynamiques vivent sous la main du peintre qui, à l’encre de Chine, joue avec gris et noir, esquisse finement le dessin en une harmonie graphique remarquable. En une vision poétique et parfois utopique comme il le révèle lui-même, François Avril évoque des paysages qu’il aime et qui l’inspirent en une écriture sobre qui parfois se rapproche de l’abstraction sans y succomber.

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