Frits Thaulow, paysagiste par nature

Publié le 28/06/2016

Frits Thaulow, La rivière Simoa en hiver (Modum), 1883, h/t, Oslo, Nasjonalgalleriet.

Musée des Beaux-Arts de Caen

Dans le cadre de la troisième édition du Festival Normandie Impressionniste, le musée de Caen nous propose de connaître le singulier peintre norvégien Frits Thaulow (1847-1906), avec un ensemble de 61 œuvres dont 35 panneaux, des huiles et des pastels. Natif d’Oslo, Frits Thaulow découvrit Paris l’année même de la première exposition des Impressionnistes en 1874, puis en 1892 il s’installa durablement en France. Il fera de multiples voyages en Europe, et mènera une carrière internationale.

Frits Thaulow approchait la nature avec un regard plein d’attention et de respect. Son rapport avec elle était sensoriel, et il l’approchait dans la particularité de ses mouvements et métamorphoses. Ses paysages montrent une qualité de coloriste qui n’échappa pas à Henri Le Sidaner, Edvard Munch, Claude Monet ou Max Liebermann. Trente-cinq années durant, il peindra la nature de l’aube au crépuscule dans les divers pays qu’il visita. Il eut donc un apport non négligeable dans la peinture moderne de paysage.

L’exposition de Caen s’articule autour de quatre sections. La première évoque le parcours du peintre de manière chronologique, mettant l’accent sur ses voyages à travers l’Europe ; la deuxième et la troisième nous proposent ses grandes séries de vues, regroupées par saison ; la dernière nous permet de découvrir les paysages nocturnes peints par Frits Thaulow et ceux de ses contemporains comme Jean-Charles Cazin, Thomas Alexander Harrison ou Erik Werenskiold.

Frits Thaulow reçut une formation de peintre de marine, et dès ses débuts il entretint un rapport singulier avec le monde qui l’entourait, particulièrement avec les espaces aquatiques. Cette caractéristique de sa personnalité est confirmée par son goût de se confronter à ces paysages lors de ses voyages, qui le menèrent du Danemark à l’Espagne, de la Grande-Bretagne à l’Italie et aux États-Unis. Il revenait toutefois régulièrement en Norvège. Il s’installa tout d’abord à Camiers, sur la Côte d’Opale, puis à Dieppe. Frits Thaulow se forgea un style propre, caractérisé par le pleinairisme.

À partir des années 1890, il se mit à peindre de grands formats relatifs aux saisons. Tout d’abord il réalisa des vues de rivières sous une lumière d’automne, puis une succession de paysages de neige. Les tableaux, pastels et estampes de Frits Thaulow dialoguent avec ceux de Le Sidaner, Monet ou Munch. L’exposition se termine avec une série de « nocturnes ». L’atmosphère mystérieuse qu’il peignit montre l’intérêt de Frits Thaulow pour le symbolisme à la fin de sa vie.

À lire également

Référence : LPA 28 Juin. 2016, n° 118d7, p.24

Plan
X