Gao Xingjian et Marie Vassilieff : l’art dans tous ses états

Publié le 18/06/2019

Appel pour une nouvelle Renaissance, exposition de Gao Xingjian.

Éric Sander

Gao Xingjian, paysages intérieurs

Prix Nobel de littérature en 2000, Gao Xingjian est l’auteur d’une œuvre très diverse, qui s’articule entre peinture, littérature, poésie, théâtre, opéra, cinéma et photographie.

Ses dessins à l’encre de Chine, exposés en ce moment dans les salles du premier étage du château de Chaumont-sur-Loire, sont des paysages imaginaires, sélectionnés par Chantal Colleu-Dumond. Au rez-de-chaussée, dans un espace un peu à part, nous trouvons l’univers de La Montagne de l’âme, son livre le plus connu.

Gao Xingjian a choisi comme titre, un Appel pour une nouvelle Renaissance, car, dit-il, « J’en rêve depuis quelques années. En Asie, en Europe, la politique et la loi du marché envahissent tout. La création, la beauté en sont chassées. Je voudrais que l’on pense autrement. C’est notre richesse dont on est en train de s’éloigner. Il faut repartir de là pour recréer, réenchanter le monde. Je lance cet appel, c’est mon engagement. Nous avons besoin de la sublimation de l’esprit, de revenir à l’humain ».

Avec ses dessins à l’encre de Chine, Gao Xingjian explore une démarche entre la figuration et l’abstraction. C’est l’univers de ses rêves. Des rêves où il cherche à faire entrer le temps et l’espace dans cette peinture de paysage, se demandant : « Si, dans une peinture, les relations spatiales ont été modifiées, le vide devient plein, le noir se transforme en quelque chose ou en rien, les espaces vides en lumière brillante ».

L’accrochage est composé d’œuvres de diverses périodes, des années 1970 à aujourd’hui. La nature est au centre des préoccupations de Gao Xingjian, mais ses paysages issus de son imaginaire – des rêveries pourrait-on dire – où matière et transparence, en de subtiles nuances de noir, de gris et de blanc, les composent.

Nous pouvons penser, avec certains de ses paysages, aux fameux paesines, ces calcaires métaphoriques qui, une fois sciés et polis, montrent des paysages.

Une journée avec Marie Vassilieff

Marie Vassilieff (1884-1957) naquit à Smolensk.

Elle se rendit à Paris en 1905, où elle décida de rester, et elle deviendra une personnalité du Montparnasse artistique et bohème de cette époque.

Elle étudia dans l’atelier d’Henri Matisse, puis elle ouvrit sa propre académie, où se rencontrèrent de nombreux artistes et écrivains.

Marie Vassilieff fut une artiste protéiforme qui exerça ses talents dans de nombreux domaines : peinture, sculpture (avec ses célèbres poupées de chiffon ou en cuir), panneaux décoratifs, costumes de théâtre, mobilier (baroque et anthropomorphe) ou céramique.

Elle passa les dernières années de sa vie dans l’établissement d’accueil des vieux artistes de Nogent-sur-Marne (94), cette institution devenant, par la suite la Fondation des Artistes.

Parallèlement à son travail, et pour installer un dialogue, ont été réunies des œuvres d’artistes contemporains pour lui rendre hommage : Mercedes Azpilicueta, Yto Barrada, Carlotta Bailly-Borg, Christian Hidaka, Mohamed Labri Rahhali, Anne Le Troter, Flora Moscovici, Liv Schulman et un texte d’Émilie Notéris accompagne cette exposition.

LPA 18 Juin. 2019, n° 145p5, p.16

Référence : LPA 18 Juin. 2019, n° 145p5, p.16

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