Grand trouble, l’exposition sous le Sacré Cœur

Publié le 27/09/2017

Tomi Ungerer, Sans titre.

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On aime visiter ou revoir le Sacré Cœur. Mais avant de grimper, il faut s’attarder un peu côté rue Tardieu et faire un détour de quelques mètres pour aller au 2, rue Ronsard, découvrir la Halle Saint Pierre, superbe lieu d’exposition, qui vient d’accueillir « Grand Trouble ».

Presque cinquante artistes, peintres, sculpteurs, dessinateurs, performeurs, y sont réunis sur deux niveaux. Les uns confirmés comme un Jean-Paul Marcheschi, quelques autres moins connus, en attente de plus de notoriété que cette exposition devrait assurer.

Dès le hall d’accueil, les dessins de Mix et Remix (alias Philippe Becquelin) interrogent le visiteur en annonçant les questionnements qui font ce grand trouble d’aujourd’hui face au monde tel qu’il se joue et se fait.

Un dessin met en scène un dialogue : – Qui suis-je ? – Je vais aller voir sur Wikipedia. – Où vais-je ? – Je vais brancher le GPS ! Un autre : – Qu’est-ce que vous faîtes… ? – Je réfléchis…  – Et ça sert à quoi ?

Dès l’entrée de l’exposition, L’Hermaphrodite, d’Uroch Tochkovitch rend compte de l’angoisse existentielle. Les bruits du monde, leur chaos et leur violence sont exprimés notamment par Joël Person ou par les tirages argentiques de Jean-Michel Fauqué.

Tomi Ungerer propose des photomontages grinçants autour d’Hitler car on n’en a jamais fini avec lui et sa clique.

Éclectique, engagé, multiculturel, ce Grand Trouble ne laisse pas indifférent. La fabrique des météores, la vidéo de Chantal Petit, met en scène les chocs créatifs, performance que l’on peut voir aussi comme un discours sur l’art en mouvement.

Les montages de Nour Ballouk la libanaise, envisagent, quant à eux, le réenchantement d’une ville pilonnée par la guerre. Rien n’est figé, nous disent-ils tous. L’avenir est toujours en écriture. 

À l’espace librairie, les amateurs trouveront les numéros de la revue emblématique Hey qui prend le pouls du modern art et du pop art. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut la feuilleter. C’est une autre raison de venir à la Halle Saint-Pierre.

Une autre occasion majeure justifiera une visite à la Halle : une exposition consacrée à Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet ! Elle durera presque un an !

LPA 27 Sep. 2017, n° 129e5, p.15

Référence : LPA 27 Sep. 2017, n° 129e5, p.15

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