Jean-Léon Gérôme : le bicentenaire

Publié le 07/05/2024

Jean-Léon Gérôme, Jeunes Grecs faisant se battre des coqs (1846), Paris, musée d’Orsay.

Musée d’Orsay

Né le 11 mai 1824 Jean-Léon Gérôme fut l’un des peintres les plus doués et le plus célèbre de son temps. Depuis, il a été laissé de côté par les tenants du goût en art : trop académique, peintre pompier. Il a heureusement été mis à l’honneur en 2010 par une grande exposition au musée d’Orsay, qui pour l’occasion avait collaboré avec la Réunion des Musées Nationaux, le J.Paul Getty Museum de Los Angeles et le Museo Thyssen- Bornemisza de Madrid. Celui qui, selon Guy Cogeval, a « précipité la liquidation de la rhétorique davidienne » s’était en vérité autorisé bien des libertés et avait pris parti contre l’impressionnisme. Ça n’a pas plu à tout le monde. Donc petit retour vers Gérôme, à la faveur du bicentenaire de sa naissance.

Gérôme, peintre de l’histoire ? Mais pas que. Tout le monde connaît quelques œuvres de Gérôme qui en disent long sur sa technique et son art des corps et de la lumière. Sculpter, dessiner, peindre ? Voir par exemple son Michel Ange (1849), L’intérieur grec (1848), dit Le Gynécée, ainsi que Daphnis et Chloé (1852) mettent en scène les nus gracieux qu’il dessinait souvent. L’histoire est omniprésente dans sa peinture : le monde antique romain (La mort de César), les gladiateurs (Ave Caesar Morituri te salutant, 1859), les martyrs chrétiens (Police Verso, 1872), les scènes de cour (Louis XIV et Molière, Réception du Grand Condé par Louis XIV), la saga Bonaparte (Le général Bonaparte et son état-major en Égypt, Le général Bonaparte au Caire, resté à l’état d’esquisse). Dans une inspiration plus philosophique, il a peint une Vérité sortant du Puits, qui ne donne pas envie de la rencontrer, et un Diogène, originalement campé à rebours des représentations habituelles. Il s’est aussi donné à l’art du portrait, ce n’est peut-être pas ce que l’on préfère.

Gérôme en 2024, c’est quoi ? Certaines galeries parisiennes ont mis en vitrine quelques dessins de Gérôme, notamment au moment du Salon du Dessin. Pour le reste, Gérôme en 2024, ce sera Vesoul ! Depuis février et toute l’année, il y a des visites guidées sur « Gérôme et l’orientalisme », un cycle de conférences « Coups d’œil – L’art au temps de Gérôme, un concert-lecture « Né à Vesoul, Jean-Léon Gérôme », des conférences sur « Jean-Léon Gérôme et ses élèves de Haute-Saône » et une exposition sur le peintre Gustave Courtois, élève de Gérôme ; une manière de se souvenir que Gérôme accueillit des centaines d’élèves dans son atelier de l’École des Beaux-Arts. Un colloque international et pluridisciplinaire « Jean-Léon Gérôme (1824-1904) et un autre XIXe siècle, nouvelles approches » est prévu les 16 et 17 octobre 2024. Il n’y a apparemment pas grand-chose ailleurs en France. Quel dommage !

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