Kenzo, Eugène Atget, et questions d’héritage

Publié le 02/06/2021

Kenzo, Eugène Atget, et questions d'héritage

Ce grand cheval en bois sculpté, daté de la dynastie Han, a été adjugé 41 600 €.

Artcurial

Les résultats

La collection Kenzo Takada est vendue

Le mobilier de l’appartement du couturier Kenzo Takada (1939-2020), a été dispersé le 11 mai dernier par Artcurial. Avec 100 % de lots vendus, la vacation a totalisé 2,50 M€. Une suite de 13 photographies de William Eggleston, Cadillac Portfolio, a décroché 46 800 € ; huit panneaux décoratifs Shadows du japonais Akira Kugimachi sont montés jusqu’à 45 500 €. Un grand cheval en bois sculpté, datant de la dynastie Han en Chine, a été adjugé 41 600 €. Un paravent à deux panneaux par Kenzo Takada & Baccarat, a été vendu 16 900 €. Un plateau à corps octogonal de Katsu Hamanaka a atteint 42 900 €. Les amateurs ont découvert les talents de peintre du créateur avec Un autoportrait, le figurant en tenue de dignitaire japonais, qui a été adjugé 20 800 €.

Les expositions

Eugène Atget : voir Paris

L’un des derniers clichés réalisés par Eugène Atget (1857-1927), Escalier de l’Hôtel Jean de Fourcy. 30 rue des Francs-Bourgeois, a été adjugé 3 840 €, par la maison Ader, assistée par Antoine Romand. Cette épreuve sur papier albuminé est légendée et numérotée « 5516 » à la mine de plomb de la main du photographe au verso. Elle est accompagnée de son feuillet original annoté. On pourra voir les clichés de ce photographe qui a sillonné Paris tout au long de sa vie grâce à une exposition organisée par le musée Carnavalet par Paris Musées et par la fondation Henri Cartier-Bresson. En parallèle, le musée Carnavalet verra également Paris à travers l’œuvre d’Henri Cartier-Bresson : elle sera présentée du 15 juin au 31 octobre 2021.

Le livre

Dans les coulisses de l’héritage

Sabine Bourgey est experte en numismatique ; mais il lui arrive de délaisser les premiers francs ou les napoléons pour prendre la plume. Sa bibliographie est éclectique : outre les études des monnaies, elle s’est penchée sur le sucre, le petit coin ou la chance. Elle a ressorti aujourd’hui des histoires d’héritages. Elle commence par citer Sacha Guitry : « J’ai déchiré le testament que je venais d’écrire, il faisait tant d’heureux que j’en serais arrivé à me tuer pour ne pas trop les faire attendre ». Il y a toujours de l’humour noir à propos des héritages. On hérite bien ou mal, on se voit léguer ce que l’on souhaitait. Toutes les figures sont à envisager. Le droit, notamment celui de la famille, s’en mêle sans délectation. Car on l’oublie toujours, le principal héritier se nomme l’État. Il reste que l’héritage, derrière son aspect matériel, touche au secret et à l’intime et au temps qui est passé. « En définitive, dit Sabine Bourgey, il s’agit toujours d’une histoire d’amour, petite ou grande, réussie ou ratée ».

• Les coulisses de l’héritage, éditions Lucien Souny, 17,90 €, 224 p.

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