La Bonne Franquette

Publié le 18/01/2023 - mis à jour le 18/01/2023 à 10H58

Intérieur du restaurant, avec la consigne : « Manger, boire, chanter, rire »

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Non loin de la basilique du Sacré-Cœur, La Bonne Franquette est un lieu qui a attiré les artistes dès le XIXe siècle, puis les peintres impressionnistes (Pissaro, Degas, Cézanne, Renoir, Gauguin, Van Gogh, Toulouse Lautrec), les stars du début du siècle dernier (Piaf, Aznavour) qui venaient s’y attabler, pousser la chansonnette, boire en s’amusant.

Les plus grandes heures de gloire de La Bonne Franquette datent de l’année 1886, quand Van Gogh (qui habitait au 54 rue Lepic avec son frère Théo), peignit La Guinguette, aujourd’hui conservée à Orsay. En 1946, lors d’un concert, Édith Piaf repère le jeune Charles Aznavour : les deux chanteurs, depuis cette date, ne se quittèrent plus et Aznavour habitera à compter de 1949 l’immeuble de La Bonne Franquette pendant plusieurs années avec son épouse.

Le climat y est toujours le même et la consigne est inscrite sur les murs : manger, boire, chanter, rire. Autant dire que ce restaurant admirablement tenu par une famille alsacienne respire la joie de vivre, surtout quand il s’agit de s’attabler autour d’un godet. Le propriétaire, Patrick Fracheboud, est un fin sommelier affublé de nombreuses décorations, primé par des diplômes qui s’affichent dans l’escalier qui monte au premier étage. Alors en vin, Patrick s’y connaît et a sélectionné « ses » Beaujolais, les maisons et domaines d’Emmanuel Fellot, d’Henry Girin, de Jean Michel Dupré, de Maxence Besson, d’Anthony Pérol. Et autour de la bouteille, on ne plaisante plus !

Pour célébrer le Beaujolais, la maison qui flirte toute l’année avec une cuisine bourgeoise de terroir propose un menu spécifique Beaujolais nouveau ; avec des accords mets/vins. Place à un assortiment de charcuteries ou à une salade de lentilles et d’échalotes suivie d’un saucisson pistaché ou d’un fondant de bœuf au Beaujolais si tendre que le couteau n’est pas nécessaire. Le repas se termine sur un dessert oublié des cuisiniers, une poire pochée au vin de Beaujolais, bien sûr !

À 30 € le menu, c’est une aubaine, et si vous voulez assortir avec des vins adéquats le « patron » vous sortira un Beaujolais blanc, un nouveau et un méthode traditionnelle ou un crémant pour 18 € de plus. Nous avons testé les cuvées d’Anthony Pérol à Châtillon et de Jean-Michel Dupré à Les Ardillats pour ses vieilles vignes de 1911 : des vins sur le fruit et la fraîcheur, très agréables à déguster.

La Bonne Franquette, 18 rue Saint-Rustique, 75018 Paris

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