La galerie de la reine de Pologne

Publié le 04/11/2022 - mis à jour le 04/11/2022 à 10H36

Cette Fantaisie sur la galerie de la collection de la Reine de Pologne à Dresde (huile sur cuivre), réalisée en 1737, par Gabriel Ambrosius Donath, sera présentée à la Fine Arts de Paris & La Biennale

Galerie Mendès

En 1737, la reine de Pologne était Marie-Josèphe de Habsbourg, archiduchesse d’Autriche (1699-1754), fille aînée de l’empereur Joseph Ier et de Wilhelmine-Amélie de Brunswick-Lunebourg. Elle avait épousé le 20 août 1719 Auguste III de Pologne (1696-1763), alors prince héritier de Saxe, et futur roi de Pologne, en 1734. Ce dernier avait parcouru notamment l’Italie, en faisant ce que l’on appelait alors « Le Grand Tour », mais encore l’Autriche, la France et ses provinces. Ces voyages avaient développé chez lui un goût pour les arts ; il devint l’un des plus grands mécènes du XVIIIsiècle. C’est ainsi qu’il rencontra en 1733 le peintre Gabriel Ambrosius Donath (1684-1760) qu’il invita à Dresde. Cet artiste était alors considéré comme un miniaturiste reconnu. Installé à la cour de Dresde, il réalisa des portraits de cour et de nombreuses vues de la ville. Il participa également au décor de plusieurs églises de la région, dont le plafond de l’église d’Ostritz et le retable de l’église de Grunau.

L’une de ses œuvres, Fantaisie sur la galerie de la collection de la Reine de Pologne à Dresde (huile sur cuivre, 35 x 45 cm), signée et datée en lettres d’or, au pied de la cheminée : « Anno 1737/Gabriel Donath, barbatus faciebat Dresde », sera présentée à la Fine Arts de Paris & La Biennale par la Galerie Mendes, du 9 a 13 novembre au Carrousel du Louvre. «  [Ce] tableau témoigne de la richesse et du goût de ces princes, à travers cette vue mettant en scène la collection de la reine de Pologne, dans une galerie qui semble librement inspirée de celle de sa résidence de plaisance, le Palais im Großen Garten, bâtie à la périphérie de Dresde à partir de 1678 par Johann Georg Starcke et George Heermann », explique le galeriste.

La composition est étonnante. Les toiles insérées dans des lambris de bois noirci, comme les médaillons supérieurs, sont éclairées par la lumière issue à la fois d’une imposante voûte et des larges baies vitrées. Ce décor est encore marqué par une cheminée monumentale, parée de porphyre qui porte à son fronton les armes des souverains. « La composition est très rigoureuse et magnifie l’espace. Toutes les lignes de fuite convergent vers la couronne de la cheminée et dirigent le regard vers les armes de Pologne. La minutie du travail de Donath s’exprime jusque dans la dorure des cadres du mur de droite, révélée par les rayons du soleil qui pénètrent à gauche par la grande fenêtre thermale », constate encore Philippe Mendès.

Depuis la première moitié du XVIIe siècle, les princes et souverains réservaient dans leur palais une pièce, un cabinet dans laquelle ils exposaient leur collection d’art et d’objets, à l’aune de leur renommée. On connaît plusieurs tableaux inspirés par ces galeries, notamment celle de Teniers le Jeune (1610-1690), L’archiduc Léopold Wilhelm de Habsbourg et sa collection à Bruxelles (vers 1650-1652), conservé au Musée d’histoire de l’art de Vienne.

Fine Arts de Paris & La Biennale, Carrousel du Louvre, 99 rue de Rivoli, 75001 Paris

Du 9 au 13 novembre 2022

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