La Piscine, film culte : le livre par Luc Larriba

Publié le 21/04/2022

Huginn & Muninn

Il était une fois La Piscine, le film signé Jacques Deray. C’était en 1969. Le beau livre de Luc Larriba au titre éponyme, publié en février 2022 chez Huginn & Muninn, avec une iconographie somptueuse et des documents inédits (lettres, extraits du scénario) permet d’en savoir plus sur ce film devenu iconique, de sa conception à l’après tournage.

Un film qui aurait pu ne pas se faire et qui aurait pu être tout autre. Cet album retrace les vicissitudes et les premières embûches que rencontrera le livre d’un certain Alain Page, La Piscine, qui faillit ne jamais être adapté au cinéma… On apprend que Monica Vitti aurait pu jouer, à l’instar de Delphine Seyrig et Jeanne Moreau, le rôle de Marianne qui sera tenu finalement par Romy Schneider, imposée par Alain Delon. Luc Larriba dévoile pourquoi Natalie Wood et Leslie Caron, pressenties un temps, ne donnèrent pas suite. Côté hommes, Delon aurait pu ne jamais jouer le rôle principal un temps envisagé pour Daniel Gélin ou Claude Rich ! On se prend à imaginer ce qu’auraient donné ces autres versions du film.

Un film signature et d’atmosphère. La signature est celle de Jacques Deray, réalisateur doué et gros pourvoyeur de films dans les années 60 et 80. Le livre souligne sa façon de travailler. On est heureux de découvrir au passage que Deray avait une admiration pour Carlo di Palma, le somptueux photographe, cher au cinéma italien. La Piscine est tourné avec Alain Delon et Maurice Ronet. Ils avaient déjà partagé l’écran devant la caméra de René Clément, dans le non moins mythique Plein Soleil. Déjà, Delon avait occis Ronet. Ce sera pareil dans La Piscine, avec la scène dont les péripéties du tournage sont racontées avec force et détails. C’était aussi les débuts de Jane Birkin dans le rôle de Pénélope. Plus que la psychologie des personnages, c’est l’ambiance, l’atmosphère qui est privilégiée par le metteur en scène. La caméra s’attarde sur les corps, parle de la chaleur et de l’eau, filme les mouvements et les (faux) rythmes, capte l’ennui dans ce « huis clos » où chacun épie l’autre. L’inspecteur, joué magistralement par Paul Crauchet qui retrouvera Delon par la suite, observe tout cela et mène l’enquête.

Un film de « son époque ». Larriba décode les détails dans lesquels se déploie l’art du cinéma qui sait parler d’une époque. Un livre, une musique, un tourne-disque, une Gordini, une Maserati, un foulard, le mobilier, les tenues vestimentaires, les cigarettes, tout nous parle ici des années 60 qui lorgnent vers les années 70. Régulièrement, La Piscine est rediffusé sur les chaînes télé : Marianne, Pénélope, Jean-Paul et Harry sont devenus des êtres familiers.

La Piscine, Luc Larriba, Huginn & Muninn, 34,95 €, 208 p.

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