La villa corse

Publié le 27/04/2017

La salle de la Villa corse.

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La villa corse avait connu un certain exil dû au rachat par un groupe financier qui en avait tiré toutes les matières premières ! Reprise par des restaurateurs avertis depuis plus d’un an ; la voilà qui a retrouvé ses marques et son réel ADN insulaire.

Après une ouverture en 2001, voici notre villa qui déploie de nouveau son sourire après quelques péripéties financières. À croire que cet établissement a fait sienne la phrase de Vincent de Moro-Giafferi dans Pensées et maximes : « Un Corse ne s’exile jamais, il s’absente ». Pour renouer avec ses origines, la maison affiche aux murs de vieilles et émouvantes photos en noir et blanc de la population corse. Les clichés sont partout, tant dans les espaces lounge où les fauteuils club régentent le décor, que dans les pièces classiques de restauration avec tables hautes.

À côté d’un grand bar aux innombrables bouteilles d’alcool, une cuisine ouverte sur le restaurant où officie le chef Cyril Gauzit, un aveyronnais passé par les cuisiniers Robuchon et Fréchon avant d’être profondément marqué par Mavrommàtis. Ce dernier a fait de Cyril Gauzit un féru de cuisine méditerranéenne qui s’est aujourd’hui imprégné de produits corses tels que la coppa, le brocciu, la farine de châtaigne, le lonzu et les herbes du maquis…

Coin bibliothèque de la Villa corse.

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En entrée, les tagliatelles de calamars traitées à la carbonara (15 €) s’imposent pour appréhender une petite pointe iodée de l’île. Poursuivez par la viande du pays : l’agneau de lait en croûte d’herbes (tendre mais assez gras) accompagné de févettes et d’oignons en mousseline (27 €) ; le cochon de lait et son cromesquis de figatelle avec polenta crémeuse et asperges vertes (29 €). Si vous connaissez bien la Corse, peut-être ferez-vous l’impasse sur le sucré en choisissant les fromages proposés avec la confiture d’arbouse (14 €). Très originaux cependant, les desserts flirtent avec la fiadone en tarte et sa mousse au praliné ou le fenouil travaillé en crémeux avec framboise et meringue au citron ou encore la tomate et la fraise mixées en soupe et leur glace au brocciu (12 €).

On croit les vins corses extrêmement puissants, climat et fort ensoleillement obligent. En réalité, de vins « de table » ils sont maintenant devenus « vins de restaurant ». Nous avons ainsi goûté un excellent blanc, le Calvi Pumonte 2014, domaine Alzipratu, à 12 € le verre et 50 € la bouteille. Le rouge, de vieilles vignes de Sartène, du domaine Fiumicicoli 2013, cuvée Vassilia aux mêmes prix (12 € le verre et 50 € la bouteille) pouvait fort bien accompagner tout le repas.

 

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