L’alchimie pour être soigné

Publié le 28/09/2022 - mis à jour le 28/09/2022 à 10H55

Cet exemplaire de l’édition originale, considéré comme très rare, a été présenté au Salon international du livre rare et affiché 3 000 €

Librairie Florence de Chastenay

Le médecin Théophraste Bombast Von Hohenheim (1493-1541) choisit le pseudonyme de « Paracelse » en 1530, après que son diplôme lui a été retiré par l’université de Bâle. Il avait refusé d’enseigner en latin et critiqué l’état des pharmacies. Par cette attitude, il remettait en cause tout le système médical contemporain. Le Français, Guy Patin, le considérait comme « le plus grand et le plus dangereux des fanfarons, maître dans l’art d’assassiner les gens par la chimie ». Et pourtant, Paracelse, qui rejetait les pilules, les infusions, les purgatifs et les emplâtres, proposant à la place des médicaments à base de minéraux ayant des propriétés curatives, comme le mercure, le soufre, le fer ou le sulfate de cuivre, avait raison. Il s’appuyait sur quatre piliers : l’astronomie, la vertu, la philosophie et l’alchimie.

L’alchimie ! Un grand mot qui, aujourd’hui, nous fait hausser les épaules. Le rêve de la découverte de la pierre philosophale est passé par là… Nous savons aujourd’hui que l’alchimie n’est pas une science, mais nous pouvons considérer qu’elle l’a fait progresser. Paracelse, qui était médecin avant d’être alchimiste, voulait jeter les fondements d’une médecine nouvelle fondée sur la multitude des remèdes populaires recueillis au cours de longs voyages à travers l’Europe. Il publia de nombreux ouvrages en ce sens. C’est sans doute son disciple, David de Planis Campy (1589-1644), médecin chirurgien du roi Louis XIII, qui résume le mieux le résultat de ses recherches, y compris les investigations sur le perfectionnement de l’or, sur le soufre et le mercure par les alchimistes Lulle, Cardan, Marsile Ficin et Crolius. Un exemplaire de l’édition originale de son ouvrage, intitulé : L’hydre morbifique exterminée par l’Hercule chymique, ou Les sept maladies tenues pour incurables jusques à présent, rendues guérissables par l’art chimique médical (Paris, Hervé de Mesnil, 1628, in-8), a été présenté et affiché 3 000 € par la librairie Florence de Chastenay, à l’occasion du Salon international du livre rare, qui vient de se tenir au Grand Palais Éphémère.

Ce traité de médecine spagyrique, selon les connaissances paracelsiques, est orné d’une page de titre gravée, comportant les portrais de Paracelse, Hippocrate, Deline, du roi Henri III, ainsi que des emblèmes alchimiques, plus 4 figures magiques, sans oublier un portrait de l’auteur gravé par Michel. Il est relié en plein vélin d’époque, et a appartenu à Louis de Laus de Boissy (1743-1799), un dramaturge et poète dont on ne pouvait imaginer qu’il s’intéressa à l’alchimie.

• Librairie Chastenay de Florence, 76 rue Gay-Lussac, 75005 Paris

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