L’Alsace buissonière

Publié le 02/08/2018

Vue de Belmont / Office de tourisme de la ville.

DR

Expériences buissonnières dans la vallée de la Bruche, en Alsace, dépaysement et authenticité sont garantis.

L’Alsace et ses villages fleuris, ses maisons avec colombages et nids de cigognes ou ses communes aux pentes escarpées couvertes de vignes ; tout le monde connaît ou a dans son imaginaire quelques référents !

Des paysages atypiques pour l’Alsace

Si peu de personnes savent la situer, loin des clichés traditionnels, la vallée de la Buche est un petit havre de paix qui gagne à être connu surtout si vous êtes un randonneur, un vacancier en quête de détente et de lâcher-prise.

À 45 min environ de Strasbourg, accessible par train ou voiture, cette vallée au cœur du massif des Vosges est traversée par une petite rivière, la Bruche, dont elle tire son nom. Entre ses massifs forestiers et conifères à l’infini, ses pâturages de moyenne altitude pour de belles vaches vosgiennes mouchetées de noir et à la raie dorsale blanche, la Bruche dénote un peu dans le paysage mythique de l’Alsace.

Si vous avez envie de la découvrir, vous y trouverez des personnages authentiques attachés à leur sol, leur terroir, leur vie locale, qui ont été fédérés par l’office de tourisme pour faire vivre et faire partager leur passion de la Bruche aux touristes de la vallée. Avec les « expériences buissonnières », 5 d’entre eux vous emmènent dans des moments uniques de partage, d’échanges ; tout comme en ville existent les greeters. Curieusement ils ne sont pas tous des natifs du pays ; bien au contraire venus d’ailleurs, ils sont tombés amoureux de la région et ont décidé de changer de travail pour vivre une autre passion et la faire partager.

Allez loger à Saulxures, dans la belle maison d’hôtes — une ferme de 1753 totalement restaurée — où Catherine, une ancienne ch’ti et cadre dans la banque, s’est mise en cuisine pour d’excellentes pâtisseries et des cours-ateliers de confection de gâteaux (40 € les 3 h, www.bluetsetbrimbelles.fr).

Avec vue sur les monts environnants, 5 belles chambres vous attendent ainsi que son mari, Thierry Habersetzer, un passionné de 2 CV qui organise des balades privées avec ses voitures de collection, une 2 CV rouge « vallelunga » de 1982, une 2 CV bleue tropiques de 1985 ou une traction avant de 1947. Laissez-vous conduire ou prenez le volant et partez 1 h 30 à l’aventure où chaque détour de route vous dévoilera des trésors cachés et ressuscités grâce à l’enthousiasme humain. Une vieille scierie à aube du XIXe siècle ; les vergers et plantes aromatiques d’Élisabeth et de Claude ; les tommes et les fromages fermiers de Simon Kieffer, un ex-agent de La Poste reconverti en agriculteur d’antan avec traite manuelle de ses vaches en alpages ; les veilleurs de Salm, deux Bourguignons qui se consacrent bénévolement à la reconstruction de ce château ; le fournil de Luc qui élabore et cuit des pains à l’ancienne sans levure ; les confitures de Fabrice Krencker, le seul Alsacien à avoir obtenu le titre de Meilleur confiturier de France.

Voilà une autre manière de vivre quelques jours de vacances, un moment de détente ; d’autant que, si vous êtes un tantinet sportif, l’office de tourisme a mis en place des forfaits intéressants de vélo électrique associant en une journée la matinée découverte cycliste, le repas dans un hôtel-restaurant, l’accès à un spa tout l’après-midi (Vel’Ness & Cie c’est de 52 à 85 € la journée).

Côté luxe, La Cheneaudière est un Relais & Châteaux atypique où la table est courue par tous les gourmets de la région.

Au rez-de-chaussée de l’hôtel, les chambres s’ouvrent sur quelques plates-bandes où poussent diverses plantes aromatiques. Le chef n’a donc pas loin à aller pour se fournir en estragon, basilic, sauge et autres aromates qui viendront parfumer ses plats.

En effet, la politique de la maison est de travailler « locavore » avec de petits producteurs de la région et de faire maison, en particulier pour les foies gras, les pains, les desserts et glaces.

Lors de notre venue, nous nous sommes régalés de ravioles fourrées de fromage frais au parmesan et décorées de lamelles de truffe : parfumée, mais sans trop, pour ne pas tuer le parmesan italien. Notre voisin avait opté pour une spécialité maison : un pâté en croûte de bière avec farce de volailles et de canard qui s’allongeait généreusement sur un buisson d’herbes et de mesclun.

En Alsace, vous ne pouvez pas faire l’impasse sur le foie gras : nous l’avons choisi chaud et poêlé en un tournedos Rossini. Un délice !

Pour terminer nous avons opté pour le soufflé à l’eau de vie de mirabelles et son sorbet. Une merveille parfaitement équilibrée en alcool et gonflée à bloc comme une montgolfière vous transportant en août dans un verger de mirabelliers. À défaut la tiède tartelette au chocolat Guanara est également un très bon choix.

LPA 02 Août. 2018, n° 136j1, p.23

Référence : LPA 02 Août. 2018, n° 136j1, p.23

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