L’Amérique que l’on aime…

Publié le 08/02/2018

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Bienvenue à Orient, petit bourg situé à la pointe de Long Island dans l’État de New York, États-Unis. Une ville, un village, où vieilles familles installées depuis des décennies côtoient la gentry new-yorkaise, depuis qu’une communauté d’artistes a décidé de s’y établir…

Découvrez cette communauté d’Américains comme on les aime : la vieille dame un peu folle qui élève des abeilles, la famille américaine moyenne qui organise des barbecues mais qui ne manque pas de raconter tous les travers de ses chers voisins, l’architecte célibataire qui s’est enfin décidé à vider la maison de ses parents et qui, pour le faire, a trouvé dans les rues de New York un jeune paumé qui avait besoin de protection… L’artiste qui n’a pas réussi à lancer sa carrière et qui revient dans sa ville natale avec mari et amis pour recommencer à zéro.

Les personnages sont campés et l’intrigue peut donc commencer… c’est dans cette atmosphère typique des petites villes américaines, où tout le monde connaît tout le monde, où tout le monde a un avis sur tout et aime fouiner dans les affaires des uns et des autres, que l’on se retrouve très vite propulsé grâce à Christopher Bollen et son thriller Long Island.

C’est une certaine vision de l’Amérique avec ses artistes qui veulent fuir New York pour recomposer ailleurs leur propre communauté, une Amérique de fermiers qui souhaitent garder leurs terres, malgré les prix proposés par de nouveaux arrivants fortunés, d’immigrés qui comptent bien trouver leur place dans cette pointe au bout du bout de l’Amérique.

Vu de haut, c’est une carte postale paradisiaque qui ressemble à un oiseau ou à une femme alanguie dans les eaux argentées de ce détroit…

Enfin, idyllique il faut le dire vite, car entre les légendes urbaines générées par la présence de l’Île de Plum où l’on subodore l’existence de créatures dégénérées et les premiers meurtres qui se répandent, l’angoisse monte vite dans le village…

C’est tout le talent de Christopher Bollen que de nous conter la vie de ces habitants avec un œil acerbe et percutant sur les travers de ses congénères et de mener à un rythme effréné ce polar où les crimes se succèdent inexorablement.

C’est dans ce huis clos saisissant de réalité face au désenchantement du rêve américain et à la gentrification de certaines villes américaines que nous avons plongé avec délice.

Si vous aussi vous aimez les polars bien écrits vous ne lâcherez pas ce roman tant que vous n’aurez pas découvert tous les secrets de ces habitants, et ceux du héros involontaire plongé dans cette mascarade, Mills Chevern.

Venez découvrir avec angoisse et voyeurisme cette petite communauté d’Orient, vous ne serez pas déçu…

 

LPA 08 Fév. 2018, n° 133z6, p.16

Référence : LPA 08 Fév. 2018, n° 133z6, p.16

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