« L’arrière-monde » à la galerie Guillaume

Publié le 04/01/2024

Le contenu de l’exposition, qui se tient à la galerie Guillaume jusqu’au 17 janvier 2024, se trouve dans le titre, celui du voyage intérieur, loin des contingences de la vie et révélateur du passé parfois lointain. Un monde dont nous sommes les héritiers et qui nous dépasse ; un monde dans lequel s’entrecroisent des souvenirs un peu perdus et le quotidien.

Paul Kichilov, À contre courant, 2015, eau-forte et aquatinte sur zinc, 70×90 cm

Paul Kichilov/Galerie Guillaume

Les 7 artistes réunis livrent une partie de leur univers intérieur, de leur réflexion, tous dans une approche différente, figurative ou non, témoin de leur analyse sur cet « arrière-monde » un peu mystérieux. Chacun de ces créateurs met en image ce qu’il y a de plus profond en lui, exprime son sentiment, ses rêves et ses déceptions avec une belle sincérité et une grande diversité d’approche. Contemplant ces peintures et sculptures, on perçoit l’émotion de chacun et ce transfert quasi magique de souvenirs lointains, de moments oubliés qui reviennent à la surface.

Cet arrière-monde, François-Xavier de Boissoudy le traduit dans ses encres sur papier en paysages fondus, à peine suggérés, dans lesquels prime la force de la lumière qui irrigue arbres ou paysage ; une sorte de méditation à partir de la nature. Les terres cuites d’Anne Deval, « Femme-monde » ou « Ange », sont extrêmement parlantes ; superbement travaillées. Elles portent en elles une force intérieure, un sentiment d’éternité comme si elles avaient traversé les siècles et qui ne laissent pas indifférent.

Raffinement du dessin, raffinement d’une palette animée d’or précieux, sérénité, Augustin Frison-Roche nous renvoie à cette beauté : chimère à queue de serpent, image de l’introspection. Parmi cette grande variété d’approches du thème, Fadia Hadad et ses si délicates, si inventives variations à partir de plumes d’oiseaux qu’elle orchestre dans la grâce de courbes élégantes d’un grand raffinement et la légèreté, impalpables tout comme le sont les paysages amplement traités, revisités par son regard. Réalisés en des gris et noirs qu’illuminent le blanc, ils créent une notion d’infini, du commencement de la terre. Finement travaillée en un tissage métallique, cristaux de verre, cuivre émaillé, l’œuvre d’Adrienne Jalbert, où les éléments comme repliés sur eux-mêmes, symbolisent ce voyage intérieur dans la délicatesse. Les techniques mixtes sur toile de Silvère Jarrosson pourraient traduire la naissance de la terre, son futur en des rythmes vivants et c’est aussi la poétique eau-forte et aquatinte « À contre-courant » où Paul Kichilov se révèle poète et visionnaire dans la délicatesse du dessin parfois à déchiffrer et porteur d’une vision personnelle.

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