L’art du pastel de Degas à Redon

Publié le 15/01/2018

Charles-Lucien Léandre, Sur champ d’or, 1897, pastel.

Petit Palais / Roger-Viollet

Le musée du Petit Palais conserve plus de 200 pastels dans ses collections. Il nous propose aujourd’hui un choix de 130 œuvres qui permettront aux visiteurs de découvrir un bel échantillon de cette technique que certains peintres maîtrisèrent admirablement. Ce panorama couvre une large période : la seconde moitié du XIXe siècle, de l’impressionnisme au symbolisme.

Le pastel est un bâtonnet de couleur composé de pigment, d’une charge et d’un liant. On distingue les pastels secs (tendres ou durs) des pastels gras (à l’huile ou à la cire). Il fut vraisemblablement inventé en France et en Italie à la fin du XVe siècle, et il fut utilisé par Léonard de Vinci grâce à l’impulsion de Jean Perréal. Très prisé au XVIIe siècle, ses couleurs franches et son aptitude à imiter les tissus, les textures et les lumières le rendirent indissociable de l’art du portrait — Rosalba Carriera, Charles Le Brun ou Robert Nanteuil le pratiquèrent. Son âge d’or fut le XVIIIe siècle, Maurice Quentin de La Tour en fut un adepte et mit au point une méthode de fixation du pastel aujourd’hui disparue.

Symbole de la finesse du XVIIe siècle, le pastel fut délaissé après la Révolution au profit de la peinture à l’huile. Ni Ingres ni David n’adoptèrent le pastel. Cette technique devint un genre autonome, employé par des artistes romantiques, comme Léon Riesener et des peintres réalistes, pour divers sujets.

Il sera cependant toujours utilisé, en poursuivant son évolution, jusqu’aux impressionnistes. Edgar Degas, Toulouse-Lautrec, Édouard Vuillard, les Nabis et le mouvement symboliste firent renaître cette technique. Technique subtile, propice à l’expression des préoccupations de ces artistes en quête de mystère comme Lucien Lévy-Dhurmer ou Odilon Redon.

Le pastel fut aussi privilégié par les peintres qualifiés de « mondains », tels James Tissot, Jacques-Émile Blanche, Victor Prouvé ou Pierre Carrier-Belleuse.

Au milieu du XXe siècle, le pastel a quasiment disparu. C’est à partir des années 1965-1970 que Pierre Risch décida de relancer cette technique en organisant des expositions didactiques et des conférences. Il collabora également avec le fabricant J. M. Paillard et Lamberty pour la mise au point d’une nouvelle gamme de pastels secs.

L’exposition « L’art du pastel de Degas à Redon » est organisée autour de cinq sections, à la fois chronologiques et thématiques. Nous sont présentés les différents mouvements et leur cercle d’artistes, dans le but de montrer que le pastel est une technique d’expérimentation. Le parcours commence en 1800, avec La princesse Radziwill d’Élisabeth Vigée-Lebrun, et se poursuit jusqu’aux alentours de 1930, avec La Roseraie de Ker-Xavier Roussel. La grande majorité des œuvres exposées sont cependant datées entre 1860 et 1920.

Les impressionnistes sont représentés avec Berthe Morisot, Auguste Renoir, Paul Gauguin, Mary Cassatt et surtout Edgar Degas ; les symbolistes, avec un ensemble admirable constitués par les œuvres de Lucien Lévy-Dhurmer, Charles Léandre, Alphonse Osbert, Émile-René Ménard et les remarquables pastels d’Odilon Redon.

Pour les visiteurs, le musée du Petit Palais a mis en place des ateliers d’initiation à la technique du pastel et à la conservation des œuvres sur papier.

LPA 15 Jan. 2018, n° 133c7, p.13

Référence : LPA 15 Jan. 2018, n° 133c7, p.13

Plan
X