Le grand plongeon

Publié le 05/10/2016

L’une des toiles de la série des Plongeurs.

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Édouard Pignon commença sa série Les Plongeurs dès le début des années 1960. Cette série est certainement l’une des plus emblématiques de son mode de production, qu’il adopta à partir de 1945. Elle est aussi essentielle dans le parcours de ce peintre qui est considéré comme l’un des principaux acteurs de la peinture figurative en France, après la Seconde Guerre mondiale. Cette période est jugée, par des historiens de l’art, comme l’une des plus abouties de sa production. À cette époque, Édouard Pignon bénéficiait d’une certaine notoriété après une rétrospective au musée d’Art moderne, à Paris, en 1966.

Les Plongeurs suivent la série des déchirements colorés des Combats de coqs et des Battages, qui permirent à Édouard Pignon de dévoiler le monde visible et d’en donner une image hors du commun, entre figuration et abstraction. Édouard Pignon regarda des heures durant les corps qui fendaient les vagues, notant les tensions et les tracés, pour ne retenir qu’une image : celle des pieds qui disparaissaient dans les flots. Ce thème lui offrit la possibilité de saisir le réel, pour en révéler les articulations, et lui laissait l’opportunité d’introduire dans son travail une nouveauté : une image d’action.

Cette série des Plongeurs se prolongea par des « céramiques sculptures » monumentales où Édouard Pignon sculpta ses plongeurs sur un fond de ciel azur. Une section de l’exposition est consacrée à la céramique de l’école d’art de Marseille-Luminy (1973), pour faire dialoguer des travaux préparatoires, des maquettes et un tableau monumental.

L’exposition de Morlaix a pris le parti de dérouler le travail d’Édouard Pignon en séquences : les premières œuvres inspirées de la jetée du Mourillon à Sanary (1957-1960) ; les premiers plongeurs dit « verticaux » (1961-1962) ; le face à face avec la mer, avec les études de vagues (1961-1962) ; et l’épanouissement de la période des plongeurs (1965-1966). Le parcours s’attache à montrer l’élaboration de son travail depuis les carnets d’études, les aquarelles et les huiles, tout en soulignant sa méthode. L’ensemble est ainsi constitué de dessins à l’encre de Chine, au crayon graphite ou de couleur, de gouaches et d’aquarelles et d’un important lot de peintures à l’huile de grands formats.

En dehors des peintures provenant de collections publiques ou de collections particulières, la sélection a privilégié des œuvres inédites conservées par la famille. D’autre part, l’exposition insiste sur les principaux enjeux de cette peinture : la construction de l’espace, l’articulation des formes, la question de la couleur et la représentation du visible, mettant en valeur la modernité du travail d’Édouard Pignon.

 

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Référence : LPA 05 Oct. 2016, n° 120c6, p.14

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