Le Jardin François dans l’Orne

Publié le 18/07/2016

Au cœur du Perche se cache le Jardin François, un jardin créé par un amateur éclairé où l’horticole très travaillé de divers cultivars se mêle aux plants sauvages de graminées en une poésie toute naturelle. À moins de deux heures de Paris, juste après Nogent-le-Rotrou, près du Theil et de La Rouge ; les terres agricoles s’éparpillent entre vallons et boqueteaux en une « campagne » restée préservée et sauvage.

Liquidambar à l’automne, du photographe Georges Lévêque, qui a su saisir les diverses chambres végétales du Jardin François du printemps à l’hiver.

Georges Lévêque

C’est dans ce Perche-là que Gérard François a posé son âme de jardinier rêveur, transformant le lieu en un espace végétal d’essais, en un jardin expérimental des espèces. Animal social avant tout, l’homme est-il un esthète éclairé, un Tistou aux pouces verts ?

À Rungis, Gérard François est une pointure ès végétal, le plus gros horticulteur et grossiste en plantes et en fleurs de ce marché national. Dans le Perche, le chef d’entreprise s’efface pour laisser la place à un fleuriste-jardinier-agriculteur-mécène.

Atypique, cet homme-là mêle amours de la musique et des chanteurs du music hall français (une grange est transformée en salle de concerts ou de travail personnel pour des artistes tels que Claude Nougaro, Nathalie Dessay) à une activité d’élevage de bœufs Angus.

Mais aujourd’hui, lors de notre visite estivale impromptue, c’est avant tout les 2 hectares de jardins aménagés autour d’une vieille ferme percheronne qui éveille son regard aiguisé de passionné.

Pas un jardin mais des jardins

Concentrés autour de divers corps de logis de cet ancien bâti agricole ; les jardins sont très intéressants dans la mesure où ils représentent différentes chambres végétales travaillées autour de certaines espèces (les roses, les hydrangeas) ou de certaines couleurs (bleu, rouge).

Dans un espace, les teintes mauves alternent avec les coloris parme quand les aulx succèdent aux agapanthes, aux lavandes et aux pérovskias.

Plus loin, c’est une collection de roses qui jouent sur les pâles fuchsias avec des géraniums vivaces. Plus loin encore, roseaux et graminées forment une transition naturelle entre le jardin très travaillé et les prairies où paît le bétail.

Mais comme le jardin est aménagé pour être beau en toutes saisons ; l’automne laisse la place aux asters et aux feuillages colorés d’érables, de cotinus flame et de liquidambars ; tandis que l’hiver demeure « fleuri » par les feuillages persistants des houx et des boules de buis.

Des brumes poétiques

Aux intersaisons (printemps et automne), le jardin est particulièrement beau et attirant car il se nimbe de brouillards laiteux, de brumes transparentes qui le rendent réellement poétique.

Des ruisselets et des petits étangs disséminés entre les bâtiments s’échappent de cotonneux nuages qui se posent sur les arbustes ; conférant à l’ensemble une touche très poétique et poussant le promeneur à la rêverie.

 

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Référence : LPA 18 Juil. 2016, n° 116z5, p.14

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