Le monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse

Publié le 01/08/2017

Vue aérienne de Brou.

Herwey

Portrait de Marguerite d’Autriche.

Hugo Maertens MRB

Chef d’œuvre du gothique flamboyant, le monastère royal de Brou est une perle architecturale de l’Ain.

Traversant rapidement le département de l’Ain au retour d’une station de ski ; nous n’avons pas pu nous empêcher de faire une courte halte à Bourg-en-Bresse pour revoir le monastère royal de Brou.

L’édifice est tout d’abord intéressant et touchant par son histoire ; car il a été construit par amour d’une femme pour son mari mort prématurément. Après une enfance compliquée (mariage précoce, déracinement géographique et retour à Bruxelles…), la fille de l’empereur d’Autriche, Maximilien de Habsbourg trouve enfin le bonheur auprès de Philibert le Beau avec lequel on la marie. Mais le duc de Savoie décède lors d’une chasse et la jeune femme décide de construire ce monastère en hommage à cet amour, monastère dont elle-même ne verra jamais la réalisation terminée.

D’obédience augustine, ce monastère n’a pas été détruit à la Révolution et s’est vu inscrit sur une liste de monuments à conserver ; ce qui était avant la volonté de Prosper Mérimée d’un « classement monument historique » très avant-gardiste.

Le monastère fascine car il mêle en trois cloîtres monumentaux différents éléments patrimoniaux et architecturaux : pierres douces et blanches des carrières de Revermont, toiture vernissée d’inspiration bourguignonne comme aux hospices de Beaune, tuiles de Dombes, charpente des forêts de Seillon et de Bugey.

Le monastère est exceptionnel pour la finesse de sculpture de son jubé où les initiales des 2 amants (P.–M.) se joignent par un las d’amour. Peu d’églises ou cathédrales possèdent encore un jubé et moins nombreuses encore sont celles dont le jubé est aussi finement ciselé dans une pierre calcaire tendre. S’ajoutent à cette dentelle de pierre trois fort beaux tombeaux (Philibert le Beau, Marguerite d’Autriche et sa mère) et le dortoir des moines transformé aujourd’hui en musée des beaux-arts.

L’agrément de la halte ne serait pas complet sans une bonne adresse pour un repas et un sommeil bien mérité.

Pour dîner, la brasserie Le Français est un lieu emblématique de la ville, car ses débuts remontent à la fin du XIXe siècle (1897). Même si l’établissement n’est pas le meilleur de la ville (un étoilé est aux portes de Bourg), Le Français est assurément un endroit immuable, le « dernier salon où on cause » ; donc vraiment le restaurant inscrit dans la mémoire collective des Bressans qui aiment à se retrouver sur les banquettes en moleskine passées en velours aujourd’hui et sous les stucs jaune crème des plafonds à caissons et les lumières tamisées des lustres rococo.

Une cuisine traditionnelle et régionale est servie ici avec des escargots de Bourgogne, les cuisses de grenouille des Dombes, la poularde de Bresse à la crème accompagnée d’un généreux gratin dauphinois, les quenelles aux écrevisses et/ou sauce nantua, le soufflé au Grand Marnier ou le macaron aux fruits rouges.

Le Griffon d’or est un petit hôtel de charme de 17 chambres en pierre et poutres apparentes. Bien qu’en plein cœur de ville, l’hôtel est calme car il donne sur une petite cour intérieure et il offre des prestations supérieures à sa catégorie : billard, espace spa, jacuzzi, petit déjeuner avec des produits locaux gourmands.

LPA 01 Août. 2017, n° 128e4, p.24

Référence : LPA 01 Août. 2017, n° 128e4, p.24

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