Le monde de Gustave Moreau

Publié le 18/01/2024

Élégante, raffinée, la Licorne, symbole de puissance, bête fabuleuse, exerce une véritable fascination par sa délicate beauté et cette surprenante corne ornant son front. Gustave Moreau, qui l’a sans doute découverte à l’Exposition universelle de 1878 semble avoir été subjugué par cet animal fantastique. Vous pourrez l’admirer jusqu’au 12 février 2024 dans la nouvelle exposition « Gustave Moreau. Le Moyen âge retrouvé » du musée Gustave Moreau.

RMN-GP / René-Gabriel Ojéda

Venu du romantisme au symbolisme par la mythologie, qui l’intéresse vivement, et admiratif des maîtres italiens du Quattrocento, Gustave Moreau recrée les fantasmes de son imagination, qu’il traduit par des « visions » dans une palette irradiant la composition en des couleurs parfois surchargées.

Tout d’abord peintre d’histoire, Gustave Moreau s’intéresse rapidement à la période médiévale autant qu’à la Renaissance. Ses thèmes de prédilection : les légendes du Moyen Âge, les Chimères et Licornes ; il oscille entre sacré et profane. Sans doute, l’image de cette créature dont la corne symbolise le divin dans l’être, si prisée au XVIe siècle, comme en témoigne parmi bien d’autres une « Vierge à la Licorne » illustrant un manuscrit, a-t-elle nourri les rêves du peintre.

La pièce maîtresse de l’exposition présentée au musée, créée par Gustave Moreau afin de s’assurer de la conservation de son œuvre, La Licorne, attire immédiatement par l’élégance du dessin, le raffinement de la palette et son sujet insolite. Tout est ainsi beauté dans ce tableau où deux jeunes femmes, l’une nue, l’autre richement vêtue, entourées de ces créatures toutes de grâce dans un paysage paradisiaque. Si l’artiste a puisé dans son imaginaire pour réaliser ces œuvres, il a vraisemblablement également été inspiré par la célèbre tenture de « La Dame à la Licorne », exposée en 1880 au musée des Arts Décoratifs.

Les 85 tableaux, aquarelles, dessins, photographies de ce maître du symbolisme entraînent dans un univers où le mystère est roi autant que le rêve poétique. Très loin du quotidien, le peintre a cependant souvent repris des architectures gothiques existant ; ainsi « L’Ange voyageur » pourrait évoquer celui de la cathédrale de Reims. Son écriture si personnelle se retrouve dans chacune de ses compositions.

Pour l’exposition qui se tient actuellement quelques peintures et aquarelles ont été sorties des réserves du musée. L’art de Gustave Moreau est habité par son imagination ; il propose un monde où l’onirisme est symbolisé par ces bêtes fabuleuses que sont les Licornes se référant à l’époque médiévale. Cette exposition se propose d’analyser le processus créatif du peintre à partir de ses diverses inspirations, sa liberté dans l’emploi de la couleur.

Dans une irréalité cependant vivante, surprenante, cet art voué au rêve, à la fable est réalisé en une palette parfois surchargée et dans une écriture souvent minutieuse.

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