Le roi des rêveurs

Publié le 30/04/2020 - mis à jour le 04/05/2020 à 17H07

Gallimard

Le dernier roman de Daniel Pennac nous emmène sur les chemins tortueux de ses rêves…

En cette période propice aux angoisses et aux cauchemars, il est bon de réenchanter nos vies et c’est ce qu’a décidé de faire Daniel Pennac dans ce petit roman, La loi des rêveurs, paru aux éditions Gallimard.

Ce récit se présente comme une déambulation dans ou à travers ses rêves, où la réalité se confronte à des chimères, où les chimères deviennent des rêves romanesques…

Tout commence par le songe d’une nuit d’été.

Le petit Daniel fait un rêve, un drôle de rêve dans lequel sa maison, puis son village du Vercors, sont engloutis…

Ce rêve va mettre en place les prémisses d’une carrière, sa carrière.

Car que faire d’un talent pareil, quand on a pour seule compétence d’être le roi des rêveurs, que peut-on bien faire de sa vie ?

Devenir un romancier, pardi !

Dans cette autofiction, on retrouve donc Daniel Pennac, ses proches, ses amis, sa famille, ses enfants et petits-enfants, on pénètre dans son univers intime, aussi bien par le rêve que par les personnages décrits ; on découvre ses passions, surtout sa grande passion pour Fellini, mais également celle pour l’enseignement.

On retrouve l’homme pragmatique, qui, sa vie durant, a voulu être le passeur d’idées. Il nous raconte Fellini – son Fellini – et tout devient plus clair… C’est surtout un doux rêveur, qui nous laisse pénétrer dans son intimité. Mais jusqu’à quel point ?

En tant que professionnel du roman, Daniel Pennac joue avec les rêves, mais aussi avec ses lecteurs, et il n’hésite pas à user et abuser (?) de ses rêves…

Nous ne vous en dirons pas plus, mais ce livre est une merveille de délicatesse et d’enchantement. Entre le réel et le rêve, Daniel Pennac a choisi son camp, celui définitivement des rêveurs… De là à en faire sa loi.

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Référence : LPA 30 Avr. 2020, n° 153s6, p.16

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