Le XVe siècle, entre guerres et créateurs flamboyants

Publié le 14/05/2024

Jusqu’au 16 juin 2024, le musée de Cluny s’intéresse à la première moitié du XVe siècle, qui apparaît comme une période charnière de l’histoire de France ; après l’époque gothique, elle participe au renouveau de l’histoire de l’art.

Les profondes mutations artistiques se font jour aux environs de 1430, apparues tout d’abord en Italie, à Florence, avec des peintures de grands artistes décidés à créer un art nouveau ; parmi eux, l’architecte Brunelleschi. Cette idée se propage en France. Absente jusque-là, la perspective, récemment découverte, permet alors de donner une certaine réalité aux thèmes traités. À cette époque, le nord de la France est occupé par les Anglais et les Bourguignons ; c’est une période troublée au cours de laquelle cependant vont apparaître les éléments d’un renouveau artistique. De reconquête de Charles VII, vers la fin de la guerre de Cent ans, à l’épopée de Jeanne d’Arc, autant d’événements qui permettent le renouvellement artistique. Apparaissent de jeunes artistes novateurs qui intéressent des acheteurs importants ; la diffusion de l’art flamand et l’arrivée de la Renaissance en Italie permettent de rompre peu à peu avec le gothique international.

Riche et variée, l’exposition présente la création de cette période troublée par les guerres et cependant créative, qui annonce l’évolution de l’art durant la seconde moitié du XVe siècle : manuscrits enluminés, peintures, orfèvreries, vitraux, tapisseries en témoignent. Parmi les œuvres importantes, significatives de ce début d’évolution, présentées à l’exposition : le Dais de Charles VII, deux anges tenant une couronne, une tapisserie d’une extrême finesse. On y trouve aussi une enluminure, parmi bien d’autres : Grandes Heures de Rohan, dans laquelle se perçoit la tristesse lors d’une déploration. Remarquable encore, Le Triptyque de Dreux-Budé André d’Ypres, réalisé vers 1450 à l’huile sur bois, reconstitué pour la première fois, ses trois éléments étant dispersés au Louvre, à Montpellier et au Getty de Los Angeles. Il comprend : Le Baiser de Judas, La Crucifixion, en panneau central, et La Résurrection du Christ. La scène nocturne du premier tableau serait la première peinture sur panneau en France. L’on ne saurait oublier le célèbre Portrait de Charles VII, d’une grande vérité, par Jean Fouquet, peintre exceptionnel auquel est consacré une salle entière. Dans ce tableau apparaît un certain réalisme, même en l’absence de disposition spatiale ; souvenir médiéval, l’artiste évoque un roi à l’air triste, apparemment sans très grande envergure et qui, cependant, a redonné son unité au royaume.

Les artistes reçoivent à cette période de nombreuses commandes, tant en peinture qu’en orfèvrerie, de Jacques Cœur notamment, mais aussi de mécènes. On admire les enluminures pour la finesse d’exécution, l’intensité des bleus et des rouges, notamment l’harmonie des bleus pour une Vierge peinte par Barthélemy d’Eyck. Émouvante, la Pietà de Tarascon, une très fine peinture sur bois. Au fil du parcours, une broderie évoquant une guérison miraculeuse ou encore un Dauphin en plomb moulé fort vivant, enseigne politique du parti du Dauphin.

Du gothique international aux débuts de la Renaissance, la création artistique a connu un vrai bouleversement avec l’apparition de peintures plus en prise avec la réalité.

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