Les cliquetis des flippers

Publié le 31/01/2022 - mis à jour le 31/01/2022 à 10H15

Flipper fabriqué par D. Gottlieb & Company.

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Les bruits des bistrots ne sont pas seulement provoqués par les chuintements des percolateurs ou par les conversations ponctuées par les éclats de rire des consommateurs, mais aussi par les jeux mis à leur disposition. Ils sont moins nombreux qu’autrefois, ces derniers cliquetaient dans tous les sens, particulièrement les flippers, ou plus exactement les billards électriques. Mis au point en 1947, ils ont déserté les cafés dans les années 1980 au profit des bornes d’arcade. Adieu les secousses, les claquements des batteurs destinés à renvoyer les grosses billes vers des champignons lumineux, les grincements des ressorts ponctués de petites sonneries et avant tout le charivari de lumières, sonneries et cliquètements lorsque le joueur a trop secoué l’appareil et qu’il fait tilt. Que l’on se rassure, tout n’est pas perdu. Bon nombre d’amateurs ont installé un flipper chez eux et les joies sonores de ce jeu retentissent dans des salons pour les plus branchés, dans les greniers pour les plus tranquilles, ou dans les sous-sols aménagés pour leur détente. Un « flipper électromécanique » dit « à millions », 1 joueur, sur le thème des courses automobiles, a été adjugé 3 900 €, par la maison Cornette de Saint-Cyr, le 24 novembre 2021. Cette pièce dessinée par Wayne Neyens et illustrée par Roy Parker a été fabriquée en septembre 1956 par D. Gottlieb & Company.

Le catalogue proposait 55 flippers, dont les adjudications étaient comprises entre 580 et plus de 3 000 €. L’un d’eux, animé par le thème du baseball, daté de 1964, a trouvé preneur à 1 001 € ; un autre à quatre joueurs, sur le thème des danseuses de ballet, et qui présente la particularité d’avoir une animation sur le fronton, est monté jusqu’à 1 430 €. L’imagination n’a jamais manqué aux fabricants pour inciter les joueurs à manier ces appareils, depuis les sports, les trains, le western et même la loterie (1 820 €). Ces thèmes ne figurent pas seulement sur les écrans des flippers, mais encore sur la machine elle-même. Si la plupart des décors est géométrique, d’autres figurent des scènes représentant les thèmes du jeu. Un flipper électromécanique, 1 joueur, sur le thème du golf, par Williams Electronic Manufacturing Corporation, daté de juin 1953, illustré par George Molentin, a été vendu 2 340 €.

Qui sait que ce jeu très américain serait d’origine française ? Il trouverait sa source dans un dérivé du croquet pour être joué en intérieur au XVIIIe siècle. Celui-ci, baptisé « bagatelle », remporta tellement de succès que, dit-on, les officiers des armées françaises en emportèrent avec eux en Amérique du Nord, pour se distraire après les batailles lors de la guerre de l’Indépendance américaine. Bien des années plus tard, un certain Montague Redgrave, de l’état d’Ohio, déposa un brevet pour « améliorations au jeu de bagatelle ». Il devint une attraction populaire dans les bars, où des scores élevés pouvaient même vous rapporter un verre gratuit !

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