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Les diamants de l’épée princière

Publié le 17/09/2021 - mis à jour le 29/09/2021 à 17H35

Les diamants de l’épée princière

Cette épée dit de prince a été adjugée 182 700 €.

Osenat

L’usage des armes de récompense que les Britanniques nomment plus justement de « present », est relativement ancien. Il est d’ordinaire l’apanage des souverains. Nous connaissons une épée de récompense donnée par le roi Louis XVI portant l’inscription « Ex dono regis », et un semis de fleurs de lys. On cite encore l’épée au pommeau d’or offerte également par Louis XVI en 1787, à John Paul Jones (1747-1792), marin de la toute jeune république des États-Unis d’Amérique. Après Arcole, le Conseil du Directoire faute de disposer d’une décoration, remit à Augereau et à Bonaparte des sabres de récompense. Bonaparte, devenu général en chef de l’armée d’Italie, après le traité de paix de Campo-Formio, le 16 fructidor an V (2 septembre 1797), fit exécuter à Milan cent sabres nominatifs « pour donner un témoignage de reconnaissance de la patrie envers les braves militaires qui se sont distingués par des actions d’éclat ». Ces sabres de récompenses présidèrent la création des armes d’honneur qui eux-mêmes conduisirent à la Légion d’honneur.

Nul doute que ces armes de récompenses n’étaient pas aussi luxueuses que celle qui a été adjugée 182 700 €, à Versailles, le 11 juillet dernier par la maison Osenat, assistée par Jean-Claude Dey et Arnaud de Gouvion Saint-Cyr. Cette épée est sortie des ateliers « Bougues et Giverne, son gendre Mds Fourbisseurs rue de la Vielle Boucherie à l’Épée Royale à Paris ». On la dit être princière, car elle provient de l’ancienne collection Dietrich Stürken, qui l’aurait acquise auprès des Princes de Hohenzollern. « Le château de Sigmaringen possédait, via Marie Antoinette Murat, épouse de Charles de Hohenzollern-Sigmaringen, une collection de reliques napoléoniennes ce qui pourrait expliquer la présence de cette épée française de luxe de la fin du XVIIIe siècle auprès de princes allemands », précise l’expert. Elle pourrait également être un achat fait à l’époque par la famille. Ne possédant pas d’armes royales inscrites sur elle, elle pourrait être un modèle de présent, ou de dignitaire. Il reste que sa monture en or et émail bleu de roi sur fond de croisillons, est enrichie de 211 petits diamants et 80 brillants, sur son pommeau et sa coquille, la bordure et la branche de garde, et encore la chape du fourreau.

Les épées de diamants sont particulièrement rares. On cite néanmoins celle de Louis XVI, dessinée par le joaillier Bretet, et réalisée par Georges Frédéric Bapst, qu’il portait à l’ouverture des États Généraux et conservée au musée de l’Armée. Sans oublier celle du sacre de Napoléon Ier, exposée à Fontainebleau, celle de Charles X, volée au Louvre en 1976 et les deux épées faisant parties du trésor de la Grünes Gewölbe (« la Voûte verte ») à Dresde, dont l’une a peut-être été volée en novembre 2019.

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