Les fauves hors de la cage

Publié le 21/07/2016

Othon Friesz, Baigneuses, 1907, collection privée.

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Comme Georges Braque et Raoul Dufy, Othon Friesz (1879-1949) était originaire du Havre. Il joua un rôle prépondérant dans la vie culturelle havraise, et il fut le cofondateur, en 1906, du Cercle de l’Art moderne, une association locale d’amateurs et d’artistes dont le but était de défendre la modernité. Othon Friesz contribua ainsi à diffuser l’engouement pour le fauvisme parmi ses concitoyens. Il fut aussi membre du comité de peinture avec Dufy et Braque.

Dans un premier temps, ce fut l’impressionnisme qui intéressa Othon Friesz, ainsi que les œuvres de Vincent van Gogh et de Paul Gauguin. Au Salon d’Automne de 1905, il présenta quelques peintures auprès de celles d’Henri Matisse et d’Albert Marquet. Tous les trois se firent dès lors connaître avec leurs aplats de couleurs vives et juxtaposées, et les critiques dirent, après avoir vu leurs tableaux, qu’ils s’étaient sentis être comme dans « une cage aux fauves ». Les fauvistes étaient nés, et Othon Friesz en sera l’un des plus brillants.

Au cours de l’été 1906, avec son ami Braque, il fît un séjour à Anvers où ils travaillèrent sur des sujets communs. Ils poursuivirent cette expérience l’année suivante en se rendant à L’Estaque et à La Ciotat, pour travailler sur la transposition de la lumière, comme le firent avant eux Matisse et André Derain à Collioure, en 1905. Les couleurs de la côte méditerranéenne les inspirèrent et les conduisirent à peindre des paysages qui sont certainement les plus représentatifs du fauvisme. Cependant, Othon Friesz a une veine plus tempérée que celle de Derain et de Matisse.

De retour à Paris, alors que Braque travailla avec Pablo Picasso aux premiers essais du cubisme, Othon Friesz continua à peindre des paysages, des natures mortes et des marines, dans un esprit naturaliste où domine l’influence de Paul Cézanne. La forme cézannienne exerça sur Othon Friesz une certaine influence, mais il ne fut pas pour autant attiré par le cubisme. Il conserva l’énergie de la ligne, le goût des couleurs et les contrastes très marqués. Ses couleurs sont retenues et ses compositions gagnent en rigueur sans rien perdre pour autant de leur dynamisme. Othon Friesz se caractérise également par la présence de la figure humaine, tout comme Cézanne avec ses Baigneuses.

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Référence : LPA 21 Juil. 2016, n° 119h5, p.23

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