Hauts-de-Seine (92)

Les fleurs Monnoyer à Saint-Cloud

Publié le 01/10/2021 - mis à jour le 01/10/2021 à 10H37

Cette toile d’Antoine Monnoyer, vendue en privé, entre dans les collections du futur musée Grand Siècle, à Saint-Cloud.

Artcurial

Antoine Monnoyer (1671-1747), connu comme un peintre des fleurs, étudiait ses compositions en taillant des formes grossières de pétales qu’il collait sur une toile verte. Après avoir fixé sa composition, il peignait enfin les fleurs en utilisant comme modèle des spécimens naturels. Et, au lieu de s’attacher véritablement à leurs couleurs, il les choisissait selon les besoins décoratifs du tableau. L’une de ses compositions, dite « aux pièces d’orfèvrerie, plats de raisins et pêches, fruits et guirlandes de fleurs » (huile sur toile), a été vendue en privé par Artcurial. Le prix de la transaction n’a pas été révélé. Ce tableau va entrer dans les collections du futur musée Grand Siècle, qui doit ouvrir dans l’ancienne caserne Sully à Saint-Cloud. Celle-ci occupe l’emplacement des anciens jardins bas du château qui fut, rappelons-le, bombardé et incendié durant la guerre franco-allemande de 1870, puis finalement rasé en 1892.

Ce musée sera consacré au XVIIe siècle, au sens large, de 1580 à 1720, conservant des dessins et des peintures, mais aussi des témoignages sur l’architecture, les arts décoratifs et la sculpture, et encore des œuvres de grand format provenant des réserves des grands musées nationaux. Il abritera essentiellement la collection personnelle de Pierre Rosenberg (né en 1936), ancien directeur du musée du Louvre. Celle-ci comprend 3 500 dessins du XVIIe siècle, 650 tableaux d’artistes du XVIIe siècle, notamment Simon Vouet, Champaigne, Charles Le Brun. Sans oublier une bibliothèque composée de quelque 45 000 ouvrages. L’acquisition pour ce musée, de cette œuvre d’Antoine Monnoyer, s’inscrit tout naturellement dans la représentation du Grand siècle. Elle incarne le goût de la nature morte, tel qu’il se développa dans la seconde partie de cette période. D’autant que le musée accueillera en outre un centre de recherches Nicolas Poussin (1594-1665).

Les tableaux d’Antoine Monnoyer sont parfois confondus avec ceux de son père Jean-Baptiste (1636-1699), dont il fut l’élève. D’autant qu’il reprit souvent ses modèles ; mais il utilisa des nouvelles variétés de fleurs, notamment des roses aux couleurs et aux formes plus recherchées, en usant un bleu lavande très pâle, qu’on ne trouve pas chez son père. Moins d’une dizaine de tableaux fermement attribués à cet artiste sont passés en vente de 2009 à 2012. Un Bouquet de fleurs sur un entablement a été adjugé 12 500 €, à Drouot, le 17 juin 2009 par la maison Kâ-Mondo. Selon les critiques, « on peut identifier les œuvres d’Antoine Monnoyer, par des motifs caractéristiques, comme celui de la grenade ouverte, souvent placée au premier plan ».

Monnoyer séjourna tour à tour avec son père en Angleterre, puis en Italie, à plusieurs reprises. Dans les années 1708-1710, il travailla au décor de la chapelle de Versailles.

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