Les grands chemins de Henri Gautier

Publié le 08/12/2021 - mis à jour le 08/12/2021 à 11H55

Cet exemplaire de l’édition originale a été vendu 380 € par Art Valorem.

Art Valorem

Chacun connaît la comptine : « Il est passé par ici, Il repassera par-là »… Et l’on se demande quel chemin a emprunté le furet ? Les cartes routières et les panneaux indicateurs étant, à l’époque, encore déficients, les dames du bois joli, citées dans la chanson ne sont semble-t-il jamais parvenues à attraper l’animal trop bien caché. Si la route moderne est née au XVIIIe siècle, elle était au début de ce siècle en piteux état. Cela se rattrapa tant bien que mal grâce à la création des Ponts et Chaussées en 1716 et à la Corvée des grands chemins en 1738. Ce qui permit la construction de 30 000 km de routes jusqu’en 1790. La Révolution, comme pour beaucoup de choses, mit un frein à cet élan et les routes se dégradèrent.

Entre-temps, dès le début de ce XVIIIe siècle, des auteurs se penchèrent sut les routes, notamment un certain Henri Gautier (1660-1737), architecte, ingénieur et inspecteur des Grands Chemins, Ponts et Chaussées du Royaume. Il composa un Traité de la construction des chemins de ceux des romains et de ceux des modernes (Paris, Cailleau, 1716. In-8), dont un exemplaire relié en veau brun, dos à 5 nerfs orné (la coiffe abîmée), a été adjugé 380 €, à Drouot, le 22 novembre dernier par la maison Art Valorem. Cet ouvrage est orné d’un frontispice gravé de Guérard, d’un portrait du dédicataire par Habert, d’une carte dépliante pour les routes romaines et de 4 planches hors texte. Il lui a été joint le Nouveau guide des chemins du royaume de France (Paris, Ganeau, 1724. In-16), par Louis-Pierre Daudet, avec une carte dépliante et La Science de l’arpenteur dans toute son étendue, par Louis-Charles Dupain de Montesson. Ce dernier ouvrage orné d’un frontispice et 9 planches dépliantes est divisé en 2 parties, une pour l’arpentage et l’autre pour dresser les plans.

Dans son traité, Gautier indique que les anciens chemins n’étaient qu’au nombre de 28, « parce qu’apparemment deux portes pouvaient aboutir à un seul de ces grands chemins ». C’est par ceux-là qu’on parcourait aisément tout l’Empire romain. Gautier, d’abord médecin puis ingénieur du roi pour le Languedoc, fut le premier des inspecteurs des Ponts et Chaussées de la Généralité de Paris. Nommé en 1716, il composa dans la foulée son traité de la construction des chemins, dont il avait esquissé une première version publiée en 1693 à Toulouse. On lui doit encore la première édition également en 1716 du Traité des ponts où il est parlé de ceux des Romains, de ceux des modernes… qui sera plusieurs fois réédité jusqu’en 1768. Un exemplaire de l’édition de 1723 a été vendu 116 €, dans un lot de 3 volumes, à Drouot, le 22 avril dernier par la maison Audap & Associés. Gautier est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages scientifiques, les derniers consacrés aux conjectures sur le « globe de la Terre ».

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