Hommage

Les Parisiennes sont orphelines

Publié le 04/11/2020 - mis à jour le 05/11/2020 à 10H08

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Il les a observées, dessinées, mythifiées.

Les Parisiennes ont appris sa mort, lui qui paraissait si jeune. Éternellement. Comme ses créatures qui n’ont pas pris une ride. Elles sont tristes mais ne le montrent pas.

Les Parisiennes cultivaient la gravité ironique.

Kiraz était un sacré dessinateur et un fin observateur des mœurs qu’il mettait en scène, notamment dans la plus élégante des revues françaises Jours de France. C’était dans les années 50-70. On y trouvait avec bonheur ses dessins en couleur, le must était la page entière (les « Kiraz-color ») ou en noir et blanc.

Les collectionneurs se les arrachent.

Kiraz croquait les jolies silhouettes et les aspirations de ces jeunes femmes dans le vent et dans l’air du temps.

Tout y passait : le mariage, l’argent, les achats, les sports, les week-ends, les patrons, la mode, les histoires sentimentales.

Ses Parisiennes déambulaient du côté du Trocadéro ou de l’avenue Montaigne, où lui-même habita longtemps.

Elles aimaient bien Megève.

De son vrai nom Edmond Kirazian, né au Caire, Kiraz laisse une œuvre considérable, dont ses dessins pour les journaux mais aussi pour de fameuses campagnes de pub (Canderel, Perrier…).

Il y a quelques années, le musée Carnavalet avait consacré une exposition remarquable à cet homme plutôt discret. Il le méritait bien.

Dans les salles, il y avait des Parisiennes comme il les dessinait.

Il avait donc dit vrai, elles existent !

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Référence : LPA 04 Nov. 2020, n° 156d1, p.19

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