Les sapins d’Andersen

Publié le 28/12/2022

C’est dans cette édition de la traduction de 1856 que figure La Petite fille aux allumettes

DR

Hans Christian Andersen (1805-1875), n’est pas seulement un auteur de contes, même s’il en a composé 156 ! Parmi ceux-là, deux sont inspirés par le période de Noël. D’abord Den lille pige med svovlstikkerne, littéralement « La Petite Fille avec des Bâtons de soufre », que nous connaissons sous le titre de La Petite Fille aux allumettes, fut publié pour la première fois en 1846, puis repris dans le second recueil du deuxième volume des Nouveaux contes, le 4 mars 1848. Cette histoire est l’une des plus tristes qu’Andersen n’a jamais écrite. Elle a été traduite du danois par David Soldi (1817-1884) et figure pour la première fois en français dans les Contes d’Andersen (Hachette, collection « La Bibliothèque des Chemins de fer », 1856, in-12). L’ouvrage est illustré par Bertall, qui a réalisé 40 vignettes. L’illustration consacrée à « la petite fille » ne figure pas dans cette édition, mais dans la suivante, datée de 1876.

Grantræet ou, pour nous, Le Sapin, est un conte moins connu que La Petite Fille aux allumettes. Il a été publié pour la première fois le 21 décembre 1844 avec La Reine des neiges, dans Nouveaux Contes, (C. A. Reitzel, 1844) premier tome, deuxième collection. Lui aussi a été traduit par David Soldi et est paru en français en 1882 chez Hetzel. Selon la biographie d’Andersen, publiée en 2000, par Jackie Wullschlager, ce conte est le premier à exprimer un profond pessimisme. L’histoire parle d’un sapin qui ne supporte pas qu’on l’appelle le « Bébé de la forêt ». Il envie ceux qui deviennent le mât des navires. Puis, un jour, il est coupé et devient un sapin de Noël décoré, illuminé de bougies, de pommes colorées, de jouets et de paniers de bonbons avant d’être surmonté d’une étoile d’or. C’est la fête, elle ne dure pas… Le sapin est oublié dans un grenier avec pour compagnons des souris avec lesquelles il raconte des histoires, notamment celle de Klumpe-Dumpe. Nous devinons la suite, le sapin sera brûlé… Le petit sapin n’aura jamais su apprécier le temps présent.

Dans les catalogues de ventes, Andersen n’est pas souvent représenté sinon de manière parcellaire. Nous avons remarqué l’ouvrage Trois contes, traduit par Régis Boyer, illustration de Catherine Keun (Les bibliophiles de France. 1857), en feuillets dans un emboitage qui a été adjugé 55 €, par Drouot Estimations, le 14 février 2022. Sinon, un exemplaire des Contes danois (Tours, Mame, 1853. Petit in-8), dans son cartonnage éditeur, le dos lisse orné, les plats ornés d’une composition personnalisée (dans un état médiocre), a été proposé à la vente, le 3 novembre 2018, par Versailles Enchères. Cette édition est considérée comme excessivement rare, dit Gérard Oberlé, dans l’un de ses catalogues de 1972. Ce recueil orné de 8 lithographies en couleurs, comprend 7 contes : Les Cygnes sauvages, Le Coffre volant, Le Jardin du paradis, La Pâquerette, La Princesse sur un pois, L’Ange, La Petite Poucette.

Contes et histoires, Hans Christian Andersen, Le Livre de Poche, 2005, 1 640 p.

Introduction, traduction, annotation par Marc Auchet

Plan
X