Les voitures de Monaco à Mulhouse

Publié le 03/05/2024

BGF

Un enfant installé dans le bow-window d’une villa de bord de mer, joue, sans se préoccuper des vagues qui frappent les rochers une dizaine de mètres plus bas. Il pousse des voitures miniatures de la marque Solido, recomposant une course de bolides issus de marques célèbres, telles que Jaguar, Mercedes-Benz. Ces petites voitures possédaient un avantage sur les autres jouets semblables, elles étaient munies d’une suspension. Parmi elles, une monocoque de couleur verte, Lotus F.1, semblait bondir sur la planche courant le long des fenêtres. Un exemplaire de ce jouet valeureux, en parfait état, a été adjugé en même temps qu’une Maserati « 250 » à la peinture fatiguée, 18 €, le 8 février 2024, à Auvers-sur-Oise par la maison Le Calvez & Associés.

Nous ne pouvons pas jurer que l’enfant du bow-window se prénommait Albert, mais nous pouvons assurer que le prince Albert II de Monaco apprécie les Lotus. Le musée de l’Automobile de Mulhouse-Collection Schlumpf expose actuellement un florilège de sa collection, commencée par son père, le prince Rainier. Cette réunion est « empreinte d’un mélange très personnel, explique Richard Keller, le commissaire. Voitures ludiques, populaires, sportives et d’exception de toutes les époques, se côtoient sans hiérarchie. » Nous nous sommes attachés à la Lotus, car le prince Albert semble lui aussi lié à cette marque. Il a en effet piloté, dès son plus jeune âge, une Lotus, d’abord à pédale, puis électrique. L’adolescence venant, il a délaissé ce dernier jouet en s’installant au volant d’une Lotus Steven IV, 1971. Il s’agit, en effet, de l’une des premières voitures conduites par le futur prince régnant. Ce modèle équipé d’un moteur Ford de 4 cylindres en ligne, 1600 cc, peut atteindre la vitesse de 170 km/h. Si Albert de Monaco a participé à plusieurs rallyes, il n’a pas, en revanche, courut à bord d’une Lotus 1958 Type 12 Formula 1/Formula 2 Racing Single Seater comme celle qui sera mise en vente le 10 mai 2024 à Monaco, Villa la Vigie, par la maison Bonhams Cornette de Saint-Cyr, avec une estimation de 290 000 €/390 000 €. Ce bolide est la toute première voiture de Formule 1 Lotus, et vit les débuts de Graham Hill en Formule 1 et en Grand Prix.

Nous ne pouvons passer en revue les quelque vingt voitures présentées au Musée de l’automobile, dont une Roll Royce, une Daimler DS 420, une Chrysler Imperial de 1956, deux Mercedes berline et une Mercedes 300 SLR de 1955 ; nous avons néanmoins retenu un modèle rare, l’une des toutes premières voitures de sport produites après la guerre : une Nash Healey roadster, anglo-américaine carrossée par Pininfarina, en Italie. Celle-ci, repeinte en gris-bleu acier, nous a fait songer à la Sunbeam Alpine MK1 1954, manquante à Mulhouse, identique à celle dans laquelle circulaient Grace Kelly et Cary Grant dans le film La Main au Collet, tourné en 1955, par Alfred Hitchcock. C’est au cours du tournage que le prince Rainier rencontra Grace Kelly. Albert de Monaco l’acquit en 2012 et la fit restaurer à l’identique. Elle ne doit plus quitter le Rocher.

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